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 Les Chroniques de Talia

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Lerith
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MessageSujet: Les Chroniques de Talia   Mer 13 Juil - 11:46



Isolement


  Je venais de passer le portail, sur le dos de Xeris, quand il s'est écroulé derrière moi. Je n'ai pas compris tout de suite, tellement habituée à ne pas me retourner lorsque je m'évadais dans les forêts de Midgard. Je l'ai vu s’effondrer sur lui-même sans comprendre. Xeris s'est mit à grogner, un loup d'hiver sent ces choses-là, quelque chose n'allait pas en ce monde. On ne peut pas dire qu'en Alfrheim tout va bien, mais ici c'était pire... cette... sensation que même la terre est malade.
Rester plantée devant ce portail n'aurait pas servi à grand chose, et quand la nuit tomberait je ferai mieux de ne pas être dehors. C'était pourtant le début du printemps mais on se serait cru en pleine tempête hivernale. Nous avons pris la route du village, à quelques heures d'ici. Deuxième choc, j'étais pourtant venue passer le dernier été ici et, bien que le village ai vieilli, il n'était pas dans un tel état. On aurait dit qu'il avait été frappé par la guerre... pourtant, la bataille menée par les fils d'Halfdan se situe bien plus au Nord. Les guerriers du village sont partit les rejoindre, depuis le temps que les Hjalmar rêvent de botter les fesses du Roi Frodi et de rendre son trône au vrai souverrain... le village est désert. Quelques gardes, des femmes, des enfants, des vieillards, tous ceux qui sont trop malade pas pu aller se mettre à l'abri sur les îles cachées de l'Ouest où les Hjalmar protègent leurs populations de la guerre.

Le jarl est le cousin de ma mère, il m'a toujours accueilli ici. Cette fois, je n'ai vu que sa femme et sa fille Hilda qui a presque mon âge. Elle m'a parlé des évènements récents. Astrid et les jumeaux sont avec les autres, à l'abri, seul Angus est resté mais il a disparu depuis des jours en forêt. Ce ne serait pas inquiétant si le Jarl Ulrich, Solveig et Sigfried avaient eux aussi disparu. Partit pour le temple de Freya il y a trois jours, ils ne seraient jamais arrivés.
Le sort a voulu que le même jour un vagabond, un guérisseur, arrive au village en quête de connaissances -j'ai bien cru qu'il allait pleurer de joie quand on lui a parlé de Melkorka- et au même moment un autre individu moins discret entrait dans le port sur ce qui restait d'un navire. Un grand homme au teint mat venu du Sud avec un accent étrange et sans bottes, qui se cramponnait au mat pour se tenir hors de l'eau. A ses trousses, un "petit" serpent de mer qui ne semblait pas tant vouloir le dévorer que s'amuser de son sort. Ils ont été accueilli au village, propre à l'hospitalité Hjalmar.

Après avoir confié à Alric le guérisseur un faucon blessé, Melkorka nous a demandé d'aller chercher de l'Aubépine rouge, pour les malades, mais de faire attention aux plaies qui s'ouvrent un peu partout dans le sol. Les plaies... ce sont de grandes crevasses d'où s'échappent des fumées colorées. A proximité les sens s'affolent, comme un grésillement. Évidemment qu'on n'avait pas l'intention d'aller y prendre un bain. Avant de partir je suis allée arnacher Xeris pour qu'il porte les paniers, cet abruti m'a encore sauté dessus pour me laver le visage à sa manière et fait sauter ma capuche. C'est comme ça que les deux autres ont vu ce que j'étais. Cela n'a pas été très facile de leur expliquer que ma mère est la fille de l'ancien chef de ce clan, et qu'elle a épousé un seigneur Alfr... je crois que je les ai perdu au moment où j'ai commencé à parler du portail... bref.
Après deux bonnes heures de marche, on a fini par la trouver cette aubépine rouge, un champ entier... juste derrière une plaie d'où s'échappait une fumée noire et violette. Un arbre mort tombé en travers servait de pont... trop beau pour être vrai. On a quand même traversé, cueilli nos herbes, et on est retourné sur nos pas. Sauf que la foudre a frappé l'arbre, et qu'on est tous tombés dans la faille.
En toute franchise, je ne me rappelle pas bien ce que j'ai vu avant mon réveil. Le noir, la lumière, un rire aigu et enroué comme la sorcière de la colline rouge dans l'histoire de mère. A mon réveil, Alric était un sangler, Bjorn était un ours, et moi j'étais une louve. Non, ce n'était pas un rêve.  

Cette aventure a duré jusqu'au lendemain. Même Xeris a eu du mal à me reconnaître. Et nous avons tous fait un rêve étrange durant cette nuit, blottis les uns contre les autres dans une caverne à ne rien comprendre à ce qui nous arrivait. Dans ce rêve, un ours, un loup et un sanglier courraient vers un immense arbre. Au réveil, j'ai pensé à cet arbre au pied duquel ma mère et ses compagnons avaient rencontré Odin, pas très loin du village.
Nous nous y sommes rendu, là-bas il y avait une autre faille de couleur verte irisée d'or. Autour d'elle, la nature était foisonnante, c'était le printemps.

Nous n'étions pas plus avancés, mais nous avons été sauvés par Angus, mon cher petit cousin. De toute la fratrie née de Siegfried et de la cousine de ma mère, Astrid, il est celui avec qui je m'entends le mieux. C'est un berzerkr lui aussi, comme son père. Il a un instinct sauvage et un fort caractère. De deux ans mon aîné, il m'a appris à me repérer dans les bois. Xeris aussi se sent proche de lui, et ce n'est pas seulement à cause de sa queue de renard. Oui c'est vrai, Angus n'est pas le fils légitime d'Astrid, il est né d'une Uldr, en fait Angus et moi n'avons aucun véritable lien du sang aussi infime soit-il, mais nous partageons énormément justement... parce que nous sommes tous les deux mal acceptés au delà des terres Hjalmar.
Angus connait la forêt mieux que personne. Il nous a conduit dans une caverne, voir une autre faille blanche aux reflets orange. A son contact, nous avons repris forme humaine. Pourtant, nos ennuis venaient à peine de commencer. Deux jours de plus avaient passé, et le jarl, Solveig et Siegfried, n'étaient toujours pas rentré...      


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Mer 13 Juil - 12:18



La porte secrète


Nous étions inquiet à propos de la disparition des trois personnalités à la tête du village. Après avoir pris du repos, j'ai prévenu que j'irai voir au temple de Freya. Bjorn et Alric ont proposé de m'accompagner. Xeris et le faucon d'Alric étaient du voyage, ainsi que cet... étrange serpent de mer qui n'a cessé de remonter la côte puis la rivière pour nous suivre autant qu'il le pouvait.
Bon, ceci dit, arrivés à hauteur du village j'ai renvoyé Xeris dans la forêt. A la maison il est connu mais je doute qu'un loup de l'hiver d'Alfhreim, même jeune, passe inaperçu dans une contrée où même lesl oups ordinaires qui font la moitié de sa taille, effraient déjà. Cependant, notre séjour dans ces lieux n'a pas été très long. Outre le fait d'avoir remarqué la grande pauvreté des lieux, presque anormale même en temps de guerre, l'accueil a été des plus froids. Le hurlement d'une femme et la découverte de son cadavre derrière le temple n'a pas aidé. Aussitôt, on nous a accusé. J'ai eu toutes les peines du monde à conserver mes cheveux sur mes oreilles tandis qu'on nous jetait en cellule au prétexte que nous étions des étrangers, et que nous avions trouvé le corps. Pourtant, j'ai bien vu les traces de pas ensanglantées remonter vers le temple.

Dans cette maison délabrée qui faisait office de cellule, nous avons trouvé un enfant mourant. Les gardes dehors semblaient pressés de le voir mourir. Je ne comprenais pas pourquoi ce village, pourtant sur les terres Hjalmar, avait autant bercé dans la cruauté. Alric a réussi à le soigner avec l'aide d'un peu de ce liquide vert tiré de la faille près du grand arbre. Le plus étrange a été cette noirceur sortie du corps du petit, comme si le mal dont il souffrait avait été causé par un maléfice. J'étais de plus en plus méfiante...
Nous avons essayé plusieurs moyens de sortir, sans succès. Bjorn a pourtant failli enfoncer la porte mais il n'a réussi qu'à attirer les gardes. Ceci dit, autre chose a été attiré par cette agitation. J'ai entendu des grognements dehors. La porte a fini par céder, et j'ai vu Xeris au milieu du village, les crocs sortit, et autour de lui les derniers gardes qui n'avaient pas fui, terrifiés. Il avait clairement senti une menace. Sans perdre de temps, je suis montée sur son dos afin de dissuader quiconque d'approcher et j'ai couvert les deux autres alors que nous nous dirigions vers le temple de Freya. C'est la vieille prêtresse qui a ouvert et nous a laissé entré si le loup restait dehors. Je savais qu'il dévorerait le premier qui oserait approcher.
A l'intérieur, outre le constat du pillage récent, nous avons vu la statue de Freya coupée en deux. Un sentiment d'effroi m'a glacé le sang. Je me méfiais de cette prêtresse, et grand bien m'a fait, car sitôt après avoir éludé nos questions sur le passage du Jarl Hjalmar, l'empoisonnement d'un enfant esclave et le meurtre de sa mère ainsi que les traces de sang menant dans le temple, elle a tenté de me tuer avec une dague empoisonnée. Bjorn ne lui aura pas laissé le temps de faire quoi que ce soit de plus et l'a tranchée en deux. Elle est morte en nous maudissant ; mais que valent les mots d'une hérétique qui ose souiller le temple de Freya ?

En sortant, et tandis que Alric prenait soin de l'enfant, nous avons entendu un chant. Une voix d'homme, si claire et si belle que j'en ai été transportée. Sa beauté va au delà de toutes les mélodies du monde, même en Alfrheim. C'est un jeune homme aux cheveux blonds qui chantait une saga que je connais bien, l'histoire d'un dragon blanc tué par une compagnie aux couleurs du renard du Sjaeland.
"Dans la forêt" a t-il dit. J'ai tenu à rendre les hommages à Freya, et nous sommes repartit dans la forêt, emmenant avec nous l'enfant blessé, et après avoir brûlé l'une des maisons où on avait entreposé une vingtaine de jarres de ce poison qui enduisait la dague de la volva. Avant que tout ne brûle, nous avions tout de même emporté avec nous un peu de ce liquide noir, et quelques papiers trouvés sur place.
Je ne me souviens pas exactement comment nous nous sommes laissés orienter dans la forêt jusqu'à une clairière où de nombreuses failles se rejoignaient en une seule. Nous avions laissés les chevaux et l'enfant plus loin. Ce tourbillon coloré n'engageait rien de bon pour moi, et quand une vague d'énergie a commencé à faire trembler la terre, on ne s'est pas éternisé. En quelques secondes, la clairière était devenue un cratère, et au centre de ce cratère, un lac... et l'entrée d'une caverne. Je passerai les détails sur pourquoi et comment on est allé jusque là, même moi je trouve cela stupide. Moins stupide que la chute de Bjorn, qui a retrouvé son serpent de mer une fois dans l'eau.
A l'intérieur de la caverne, il y avait un cercle de pierres gravées de runes, il y en avait sur le sol aussi, et au centre du cercle une gemme blanche brillante. On aurait dit un ancien site dokkalfr. Après tout, on était en sous-sol. Après délibération, on a touché la gemme. C'était un signe après tout... même si les dieux ne parlent plus. Et là... on a été envoyé dans un lieu vraiment bizarre.

C'était un village, propre et solide, mais vide. Les plats étaient sur la table, les lits dans les maisons faits, comme si le lieu attendait ses habitants. Pourtant, depuis la maison longue au centre, on voyait que le village était divisé en neuf parties, chacune portait l'architecture des neuf mondes, et un portail fermé pour y accéder.
Mais il y avait quand même une personne dans ce village, ce rire qui nous avait réveillé lors de notre transformation. Une sorcière gobeline, aussi laide que puissante, comme celle des histoires de mes parents. Je ne sais pas comment, elle, arrive à se déplacer entre les mondes, mais elle a quand même trouvé bon de nous avertir que la gardienne des lieux allait venir... oui, sacrée gardienne. Une grosse araignée faite uniquement de magie, impossible de la toucher avec une arme classique. Je... passerai sur les longues minutes de courageuse fuite à travers le village le temps de réfléchir à comment s'en sortir. J'ai fini par utiliser mon arme secrète... et utilisé ma voix pour affoler ses sens. Cela nous a fait gagné du temps, le temps que Bjorn ai l'idée d'utiliser le mobilier de ce village pour lui cogner dessus. C'est comme ça qu'on est venu à bout d'une araignée géante à coup de tabouret. Vraiment, il y a plus héroïque. Si un jour notre histoire est contée, je passerai sur ce détail.

Une fois l'araignée vaincue, nous sommes retournées à l'intérieur de la maison longue. Nous nous sommes vu remettre, par une..; statue de Freya... trois runes, une pour chacun. Nous étions désignés comme les protecteurs de ce lieu, au centre des neuf mondes, qui visiblement serait attaqué. Quelqu'un cherche à s'y retrouver et... je pense savoir de qui il s'agit.
La sorcière nous a montré à chacun une vision. A moi, elle m'a montré mon père e Alfrheim, en train de lever des troupes. Ma mère a aussi disparu, en même temps que moi. Quand on sait qui veut entrer ici... j'ai peur de savoir qui l'a fait traverser les frontières entre les mondes sans avoir besoin de portail...

Nous avons été renvoyés sur Midgard peu après. Personne n'a parlé pendant le voyage de rejour de quelques heures jusqu'au village. L'enfant a été recueilli, nous avons su d'où il venait et surtout qui il était. Le pauvre petit et sa mère étaient des otages, issus d'une famille royale du royaume de Finlande... vendu ou offerts comme esclaves aux hommes de Frodi. Nous avons enterrés sa mère dignement, et lui, les Hjalmar ont bien voulu le cacher. Nous réfléchissions encore à un moyen de le ramener chez lui... quand l'orage s'est abattu sur le village.
Un grand serpent de mer est apparu, et à recraché sur le port un coffre. Dans ce coffre, un autre coffre plus petit et suintant d'un liquide rouge semblable à du sang. Ce coffre-là était ouvert, et vide.

Le parchemin ramenés par ma mère et ses compagnons, celui qui révèle les lieux où sont enfermés les fils de Loki, celui qu'ils avaient caché dans un lieu que eux-même ignorent pour le protéger il y a quinze ans de cela... avait disparu.      

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Lerith
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Dim 17 Juil - 11:17



Le trône du Danemark


J'ai eu du mal à leur expliquer pour le parchemin, tout comme Melkorka a eu du mal à nous expliquer ce qu'est le sang de muspel, et pourquoi elle parle finnois. Au moins, elle arrivait à s'occuper de l'enfant. C'est aussi elle qui avait été cacher le parchemin dans un village à une demi journée de navigation, dansu n village béni des dieux de l'océan. D'où la... visite de cet énorme serpent de mer qui avait terrifié tout un village. Je commence à comprendre pourquoi ma mère me disait toujours qu'elle attirait les ennuis. Hjalmar a bien mérité sa réputation dans tout le royaume...
Nous sommes allé dans ce village. On a eu peur quand on a vu personne... sauf qu'en réalité, ils étaient juste partit à la pêche. C'était un village minuscule, sur un rocher où les maisons tenaient à peine, toutes entassées. Je me rappelle m'être demandée quelle était cette drôle d'idée d'avoir voulu s'installer dessus. Leur cheffe, une vieille dame, nous a expliqué qu'elle avait caché le parchemin dans un sanctuaire dissimulé à l'intérieur du rocher ; on y accédait par une trappe sous un tapis dans la "maison longue". Le parchemin avait un jour disparu suite à ses prières il y a bien des années. Nous en avons supposé que le grand serpent de mer en était le gardien. Nous avons appris qu'il était aussi le "père" de "Joggy", le serpent de mer miniature qui suit Bjorn partout et serait une véritable bénédiction pour la pêche... voilà qui devrait plaire aux pêcheurs Hjalmar qui se sont plaint de sa présence dans le port.

Mais... c'est une fois dans le sanctuaire que ça s'est gâté. Il y avait une énergie mystique, alors j'ai naïvement tenté une prière, obtenir des réponses, un signe... n'importe quoi. Mais l'air ambiant a brusquement changé. En transe, j'ai été happée dans une vision comme si on m'y attirait de force. Un homme roux était assis sur un trône face à moi et riait, il riait comme un enfant qui s'amuse. "Que la partie commence" a t-il dit, et il m'a renvoyé. J'ai commencé à trembler, mes craintes prenaient corps. Et si mère avait été rappelée par Loki pour aller chercher ce parchemin ? Après tout, elle a passé un pacte avec lui pour protéger son ami oncle Siegfried. J'ai commencé à avoir peur...
Alors que nous remontions à la surface, fuyant l'énergie néfaste qui avait envahi le sanctuaire, une faille a commencé à s'ouvrir au centre du village. Nous avons tout juste eu le temps de faire évacuer le village que nous assistions à la destruction totale du village et du rocher sous un tourbillon blanc et orangé. Nous avons même failli perdre le gamin qui avait insisté pour nous suivre. Suis-je donc maudite, comme mère, à détruire ou renverser toutes les villes où je mets le pieds ?

J'ignorais encore à quel point... j'avais raison.

De retour au village, on nous a aussitôt envoyé au sink, prévenir mes petits cousins Beowulf et Brunhilde de rentrer. En l'absence du jarl et de Siegfried, Beowulf avait reçu les pouvoirs du chef de guerre. Là aussi, une faille s'est ouverte peu après notre arrivée, et nous sommes rentrés aussi vite que nous sommes venus, mais au moins ils allaient bien. On leur a tout raconté. Ah, oui, c'est là que j'ai appris que Beowulf avait enfin arrêté de tourner autour de Hilda. Il va l'épouser, depuis le temps qu'elle attendait ça... elle m'en parlait déjà quand elle avait sept ans, bref, il parait que oncle Siegfried était aussi du genre pressé et précoce. Je préfère ne pas me poser de question à ce sujet.
Beowulf m'a demandé quelque chose d'important. Il voulait que j'aille voir du côté de la capitale, sur le continent, chercher des nouvelles de son père, du jarl et de Solveig dont on a appris grâce aux documents qu'ils avaient suivi un mouvement de troupes de Frodi passées dans le temple de Freya, ceux responsable de son pillage. J'ai accepté bien sur, mais... partir seule, moi une demi-sang. Angus n'a pas mit longtemps à me dire qu'il viendrait, par contre il a mit bien plus de temps -et de hurlements- à convaincre sa mère. Alric et Bjorn ne se sont posés aucune questions : Frodi détient le jarl de Bjorn, enfin le fils de ce dernier, et les femmes de son village. Alric... lui je crois surtout qu'il s'inquiète pour notre santé. Il est juste profondément gentil. Le gamin, Hun, a aussi voulu nous suivre... il me fait penser à mon frère. Je ne sais pas pourquoi j'ai accepté, et appris en même temps qu'il parle très bien danois mais le cachait. Ce sera toujours ça de pris.

Atteindre le continent ne fut pas difficile, traverser une forêt ne le fut pas trop non plus si on passe sur l'arrivée de la tribu de gobelins et la visite chez la sorcière dans son tertre... bon, on a été plutôt bien traités si ce n'est d'avoir été renvoyés au village des neuf mondes le temps de ne défendre contre une attaque. Cela risque d'arriver souvent, c'est vraiment perturbant. Il ne faudrait pas que ça arrive en plein milieu d'un repas ou d'une bataille... bref.

Nous avons poursuivi notre route vers la ville. De loin j'ai vu les mouvements de troupes, le renfort de la muraille, le "roi" est en guerre, il aurait plu à mère de le savoir si angoissé au point de rassembler des mercenaires devant ses portes.
Il y a eu un corbeau. Ces animaux sont des signes, je l'ai suivi aveuglément. Il nous a montré un tumulus, dans une zone où il y en avait d'autres. Celui-ci était ouvert, la tombe avait été pillée. J'ai cherché un nom, un signe, nous sommes entrés... il y avait forcément une raison. Si c'était un signe des dieux, les dieux ont un humour difficile à comprendre : des gardes de la cité sont arrivés et nous ont tous arrêté, tous sauf le gamin resté avec Xeris, Angus qui a pu fuir, et Bjorn qui a réussi à se cacher pendant que je sortais, mains en l'air pour gagner du temps. J'ai voulu me faire discrète et garder ma capuche, mais ils ont vu mes couleurs, le renard gris, ma cape blanche... celle de mère. Ils m'ont découvert, enfin surtout mes oreilles, et nous ont emmenés, Alric et moi à part. On nous a mené devant le roi Frodi. Il a dû bien vieillir depuis sa dernière "audience" avec mère.
Ce vieil homme fatigué était marqué par des rides d'angoisse, sa main tremblait. Il nous a fait accuser de pillage de tombes, a condamné nos compagnons à être pendus à l'aube. Alric a dévoilé ses talents de mystique et a été enrôlé de force, et moi... il m'a longuement regardé. "Qui es-tu ?" a t-il demandé, j'ai répondu "vous savez de qui je suis l'enfant" ai-je répondu. "Vous savez qui est celui qui a ployé le genou devant vous et endurci votre orgueil, alors que vous complotiez déjà contre celle qui se tenait à ses côtés." Ces mots m'ont échappé, je tiens... parfois trop de mère. Plus que je ne le croyais quand j'ai entendu "tu feras une bonne épouse pour mon fils".

J'ai l'impression d'être à la place de mère, 16ans plus tôt, mais je me retiendrai de lui répondre ce qu'elle lui a répondu. Même traduit en alfr, ça serait encore peu diplomatique dans ma posture et celle de mes compagnons prêts à être pendus.
Là, je suis vraiment dans la m....         

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Lun 25 Juil - 15:45



Le trône du Danemark - 2eme Partie


Enfermée dans cette chambre sans fenêtre, j'ai attendu au moins deux heures à tourner en rond, à chercher une solution pour me tirer de là sans savoir que dehors, mes compagnons avaient bien moins les mains liées que moi. J'ignorais tout de ce qui se passait, tout de ce qui était arrivé à Bjorn depuis qu'il avait échappé aux gardes. J'ignorais qu'il avait trouvé bien plus que des rebelles, mais toute une armée prête à prendre la ville, et menée par les deux fils du Roi Halfdan. Quand ils ont su que la "fille de Katryn" était prisonnière, et que des Hjalmar seraient pendus à l'aube, ils ont précipité leurs projets. Mais moi, j'ignorais tout cela !
Je tournais encore, et encore dans cette maudite chambre quand j'entendis une voix familière.

"Le roi demande à voir la fille"

Alric serait aussi bon menteur ? Ils marchent, la porte s'ouvre. Manque de chance, ils tiennent à nous escorter jusqu'à la chambre du roi. Pas bon, pas bon du tout. Alric avait plus ou moins réussi à s'en sortir avec un enrôlement forcé, s'ils le prennent à me faire évader, il sera tué sur le champ.
Je tente un coup digne de mon ascendance maternelle : ils marchent derrière nous. Au détour d'un couloir, j’agrippe Alric par la manche et je me mets à courir, les prenant par surprise. J'ouvre la première porte, priant pour que ça ne soit pas un placard, et je nous enferme à l'intérieur. C'était une chambre, avec une fenêtre celle-ci, et une vieille femme hurlant à l'assassin. Pas le temps de lui expliquer ou de la faire taire, de toute façon on est déjà repérés. J'empoigne ses draps et les déchire puis les noue pour en faire une corde. Alric m'aide comme il peut, encore sonné par mon initiative. En bas, il y a une arrière-cour à moins de six mètres, j'envoie la corde de draps... mais au même moment la porte est enfoncée par les gardes alors qu'Alric venait d'enjamber la fenêtre. Je me confonds mentalement en excuses avant de le pousser dehors, la neige devrait amortir sa chute... je me rends.
Je suis emmenée chez le roi. C'est là que j'apprends de la bouche de ce dernier ce qui se passe dehors. La ville est attaquée, les assaillants ont des complices dans les murs et ont pu contourner la double muraille.

"C'est ta faute, ta faute, toi et ton sang ! ta mère avant toi, vous êtes ma malédiction !"

Je vois que cet homme, ce soit-disant roi, est désormais un vieil homme fou et terrifié par la mort, terrifié par le surnaturel. Dans sa chambre, on sent l'aura magique des dizaines de runes tracées partout. Je tente un deuxième coup et je commence à chanter, utilisant la puissance du Galdr pour l'envoûter par une terrifiante illusion.



D'abord sceptique, suspectant une supercherie, il finit par voir autour de lui les images de ceux qu'il a trahi. Les Hjalmar, ses neveux, Grafvoludr, ma mère, Siegfried, Grand-père Harald. Il le vois trembler, j'ai une pensée pour mère qui serait aux anges à cette vision. Je me laisse submerger par une malsaine satisfaction... j'ai peur de perdre le contrôle de mon chant. Ironiquement, c'est lui qui me sauve en hurlant de terreur. Il se sauve en courant, je reprends mes esprits. J'ai été trop loin... je tremble. Père, pardonnez-moi...

Le roi disparait derrière une tapisserie, il s'est engouffré dans un passage secret et je n'ai d'autre choix que de le suivre. Si je sors, les gardes devant la porte vont me découper en tranches. Je le poursuis dans les couloirs, il est rejoint par deux ombres encapuchonnées. Je me fais le plus discrète possible, mais l'une se tourne vers mois. Je suis repérée.
Elle reprend sa route, sans rien me faire.

Je continue de les suivre, méfiante, jusqu'à une salle circulaire, immense. L'un des hommes m'attends au centre. Je vois son visage dépourvu de pilosité, sa peau blanche et ses yeux reptiliens. Je sais de quoi il s'agit. J'en ai déjà entendu parler... dans les histoires.

"Frodi est protégé, protégé de la mort elle-même. Nous avons un pacte avec lui, ce pacte touche à sa fin, mais vous ne passerez pas."

Alric me rejoint à ce moment. Comment ? je ne sais pas, mais il est là, au moment où le rire de la créature précède sa transformation. Un dragon. Nous reculons alors qu'il nous fixe. Nous savons que nous n'irons pas plus loin. Il reprend alors sa forme humanoïde et tourne les talons, disparaissant dans le noir.
Frodi ne sera pas pris cette nuit. Mieux vaut revenir en arrière.

De retour dans le palais, nous assistons à sa prise. Des hommes armés entrent, certains portent les couleurs du Clan Hjalmar. Ce sont les guerriers partit au front que je retrouve après des mois. Ils entourent un duo de jeunes hommes. Le plus jeune est costaud, en armure lourde et le visage marqué par les combats, le plus âgé, bien qu'en armure, parait plus sage et plus posé. Les deux me regardent, je comprends qu'on leur a dit qui je suis. Je pose un genou à terre, on m'a tant parlé d'eux.
"Vos altesses ont longtemps été espérées ici, même par ceux qui n'y demeurent pas."
Je pense, encore, à mère. Elle aurait tout donné pour être là en cet instant. L'aîné me relève et me frappe doucement l'épaule en souriant. Ils sont tous fatigués, mais rien n'est gagné. Frido a fui, et il a encore des troupes au Nord. Une cuisante défaite lui a été infligée, mais la guerre n'est pas finie.
Néanmoins, les fils d'Halfdan peuvent maintenant s'asseoir sur le trône de leur père.

Dehors, Bjorn vient de retrouver son clan après avoir calmé Angus qui, emporté par la rage berzerkr, a eu besoin d'une bonne raclée pour redevenir normal. Je vois les hirdmen l'emmener la l'infirmerie. Je quitte alors la cité avec mes deux compagnons pour rejoindre la forêt, chercher Hun et Xeris. Après les avoir appelé nous les retrouvons dans un lac... avec Joggy. Ils sont restés à l'abri, les dieux soient loués. J'envoie le petit avec les garçons à la ville. Hleidra est prise et sécurisée, il sera mieux dans un lit au chaud, et présenté comme un prince aux vrais rois du Danemark. Moi, je reste avec Xeris, vu la tension après la bataille, il ne sera pas aisé de le faire accepter en ville. Je m'asseoit donc près de lui, prête à passer la nuit au chaud contre son pelage, à regarder les étoiles au travers des arbres.

Mais brusquement, Xeris se lève et hume l'air. Il commence à hurler à la mort, mordu de chagrin. Je ne comprends pas tout d'abord, puis je regarde dans la direction qu'il indique. Je suis... prise de panique. Je me mets à courir, courir à perdre haleine jusqu'à cette clairière.
Autour de mois, des morceaux de cadavres. Assis contre un arbre, devant moi, baignant dans un rayon de lune, un homme semble endormi, rouge du sang de ses ennemis. Je m'approche et je vois ses plaies peu profondes, qui d'ordinaire ne tueraient pas un homme, mais les siennes suintent du sang de muspel, cet abominable poison.
Je tombe à genoux, les larmes me brûlent les yeux, les hurlements de Xeris derrière moi me déchirent la poitrine.

"Oncle Siegfried..."

Les Valkyries sont déjà venues le chercher. Cette nuit que je voulais passer dans la paix de la forêt, je l'ai passée à nettoyer à l'eau claire le corps d'un héros tombé au combat. 

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Lun 1 Aoû - 13:17



Les échos du passé


J'ai attendu qu'il se réveille, appréhendant l'instant où je devrais tout lui dire. Jamais je n'avais eu à faire face à la mort. j'en avais entendu parler, mais j'étais trop petite quand grand-père est mort. Cela n'était plus arrivé depuis. Dans mon esprit, si jeune et si insouciant parfois, la mort était une chose bien lointaine. On ne côtoie pas la mort en Alfrheim.
J'ai accompagné le corps jusque dans la salle funéraire, et j'ai attendu que Angus se réveille. Pour ne rien arranger à mon attente, il semblait ne pas vouloir se tirer de son sommeil. J'ai fini par entendre Xeris appeller, alors qu'il était resté dans la forêt. Quelque chose venait de se passer. J'y suis allé, laissant mes compagnons à leurs occupations et Angus aux bons soins de l'un des hirdmens.

Dans la forêt, je l'ai vu sur la route principale pas si loin que ça. Il était suivi par une dokkalfr. J'ai d'abord eu un mouvement de recul, mon peuple nourrit toujours une rancune à leur égard, ou eux envers nous je ne sais plus, personne n'a su me dire jusqu'à quand remonte cette vieille querelle. Mais voyant Xeris près de cette femme je me suis souvenue de ce nom, celui d'une veilleuse des morts qui a épousé un jeune seigneur de la maison du Topaze, une midgardienne, une Hjalmar devenue dokkalfr par la magie des rituels du royaume souterrain.

"Moira Surana..."

Elle a posé sur mon son regard froid, j'ai compris. Mais comment avait-elle atterri ici ? Elle-même l'ignorait. C'était à cause d'un "serpent de mer"... Joggy. Ce serpent avait décidément bien plus de pouvoir qu'il n'y parait.
J'ai dû lui dire, pour les failles, pour ma présence ici, elle n'a pas mit longtemps à comprendre qui j'étais. Après tout, elle a aidé à me mettre au monde. Je lui ai dit, pour Siegfried. Elle a exigé de le voir, je comprends ce que mère disait sur le fait qu'il valait mieux ne pas la contrarier, ou, disons, le moins possible parce qu'elle a toujours l'air contrariée... Je l'ai conduit dans la sale funéraire et quelqu'un est venu me dire que Angus était réveillé. Je l'ai laissée, et j'ai été voir. Cela n'a pas été facile de lui dire, surtout qu'il ne m'a pas laissé finir, il s'est précipité dans la pièce et il a vu le corps avant de véritablement comprendre. Tout ce que j'ai pu faire, c'est éloigner tout le monde de lui avant qu'il n'entre en transe berzerkr et se jette par la fenêtre.

J'étais un peu désemparée, et maladroite. Moira m'a paru tellement posée et presque indifférente, mais elle m'a empêché de faire une bêtise. Elle a commencé à incanter pour faire tomber le brouillard sur Angus pendant que Bjorn, sortit de nulle part, tâchait de le maîtriser. Ils ont finit par se calmer, après quelques coups et un sacré décrochage de mâchoire. Alric a pris la suite. Je ne savais vraiment pas quoi faire. J'ai laissé Angus avec Moira et je suis partie jusqu'au soir. Un hirdmen a fini par venir me chercher pour m'informer que les rois Hroar et Helgi voulaient me voir et que Xeris pouvait maintenant rentrer dans la ville.
Ils avaient besoin de quelqu'un pour se rendre au Nord, et consulter la Dame de Givre. Quelle coïncidence... c'est là-bas que nous voulions nous rendre et pour la même raison : consulter la plus puissante de toutes les volvas sur la manière de venir à bout de ces failles. Nous partitions juste après les funérailles.



La veillée funèbre, les chants, l'enterrement des morts aurait lieu le lendemain. Tout le monde a bu et chante. j'ai fait mon possible pour honorer la mémoire de tous mais mon esprit était centré sur le visage souriant d'oncle Siegfried. Son visage dur et bienveillant à la fois, sa sagesse guerrière mais aussi les éclats de voix lorsqu'ils parlait du passé et surtout de "tout ce que cette folle de Katryn" lui a fait vivre.
La nuit n'a pas été facile, c'est vrai. Angus est resté seul. Le lendemain, alors que nous errions dans la ville en aidant à préparer les cérémonies funéraires qui auraient lieu le soir, Joggy dormait sur un rocher quand on nous a indiqué un rocher recouvert de symboles et de runes peintes en rouge. Nous n'avions aucune idée d'où cela pouvait bien venir mais juste après, une faille s'est ouverte à l'extérieur de la ville. Les tremblements du sol ont fait tomber des morceaux de murs de maison, j'ai retrouvé Hun et le jeune jarl de Bjorn devenus inséparable. Les dieux soient loués ils n'avaient rien.

Moira a voulu voir la faille, faute de pouvoir faire parler un serpent de mer ou le menacer de le changer en paire de bottes pour savoir comment elle était arrivée là et comment repartir. C'est là que j'ai appris qu'elle avait des enfants. Rien d'étonnant, mais si je retrouve maman je pense que ça lui fera plaisir de l'apprendre.
La faille était blanche et dorée. Alric a voulu remplir quelques fioles, Bjorn y a plongé son épée elle est ressortie comme neuve. Pourtant, cette faille n'avait rien de bénéfique, j'ai vu tout autour la nature dépérir comme si elle en absorbait la vie.

Juste à côté, Xeris a flairé une piste. Il a vu des traces de peinture rouge, et des symboles tracés partout. D'un commun accord nous avons suivi la piste jusqu'à une caverne pas si éloignée de la capitale. C'était une sorte de vieux sanctuaire naturel, entièrement décoré de symboles peints en rouge, de la peinture fraiche, et un vieux fou sans nom qui les dessinait en répétant sans relâche qu'il fallait dessiner encore, et encore, pour protéger des failles.

Tout au fond de cette caverne, il y avait un cercle de pierre semblable à celui qui nous avait conduit au village la première fois. Il était entouré de statues des dieux. Les runes que Moira a pu lire indiquaient qu'il fallait posséder quelque chose de ce monde pour y entrer. Mais quel monde ?
A tenter le tout pour le tout, faire venir Joggy par les rivières souterraines a été moins difficile que de le faire venir vers la pierre. Je crois que ça s'est terminé en bagarre générale et que c'est par "accident" que nous avons été envoyée dans cet autre monde si vert et luxuriant que les vastes forêts d'Alfrheim feraient pâle figure.

Je voyais Vanaheim pour la première fois.          

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Ven 23 Sep - 14:58



Du rêve au cauchemar


Le sol n'était que racines, les arbres et les lianes gigantesques. Après cette longue chute nous avons vu le sol arriver bien trop vite. J'ai cru me rompre le dos mais Xeris m'a rattrapé et encaissé le choc.

"Désolée Xeris...
- Ce n'est rien, je te protège, je t'aime.
- Oui moi aussi j-..."

Je n'avais pas rêvé. Mon fidèle compagnons parlait ?! ou du moins, je le comprenait. Joggy aussi, même s'il s'est empressé de plonger sous les racines dans un "plouf" évocateur que nous marchions au dessus d'une vaste étendue d'eau.
Je ressentais la plénitude de mon royaume natal mais grandie par cette immense forêt sauvage et pourtant sereine. Je me serrais contre Xeris en respirant profondément, la nature ici était plus forte que tout.
Alors que nous marchions sur les racines, nous avons découvert un lac habité par quantité de serpents de mer. Nous avons opté pour ne pas nous faire remarquer, et contourner discrètement. Après tout, ici nous étions des intrus. Hélas, encore une fois, Bjorn a été aussi discret qu'un ours et, allez savoir comment, il a glissé et tombé tête la première dans le lac. Les jeunes serpents se sont enfui, et il n'a pas fait le malin à quelques pieds de la gueule de leur mère. Il a été plus sage de décampé d'urgence et jamais je n'ai vu quelqu'un nager aussi vite. Même Joggy n'a pas eu le temps de lui voler sa botte.
Notre route s'est poursuivi, le lac d'un côté, la forêt de l'autre. Nous étions à la fois curieux et angoissés de ce qui pouvait se passer si on nous surprenait ici.

Mais à l'inverse de nos craintes, le pêcheur qui nous a surpris ne nous a pas renvoyé sur Midgard en petits morceaux. Les habitants de ce monde sont des pacifistes pour qui la moindre goutte de sang versé est un crime puni de bannissement. Ils semblaient tous surpris de voir des émissaires des autres mondes chez eux, mais nous ont accueilli comme tel.
Alors je ne me souviens pas très bien de tout ce qui est arrivé, car une seule gorgée de leur nectar m'a plongé dans un profond sommeil alcoolisé, mais les autres m'ont raconté comment leur vigne florissante est, elle aussi, touchée par les failles. De petites fissures, à peine visible, mais qui commencent maintenant à gangréner ce monde de divinités. C'est bien là un signal d'alerte que nous ne pouvions ignorer.

Non, le pire... c'est ce rêve que j'ai fait. Ce n'était pas à cause de l'alcool, je fais tellement de rêves ces temps-ci. J'ai vu ma mère, avancer dans les brumes, s'éloigner de moi tandis que je cherchais à la rattraper. Il n'y avait ni paysage, ni son autre que le vent hurlant et un grand froid. Un homme roux a alors posé sa main sur son épaule, l'a pris dans ses bras et emmené sans qu'elle porte le moindre regard sur moi. Je l'ai reconnu, cet homme, et son sourire à la fois amusé et cruel qu'il m'a lancé.

"Tu es à moi."

Sa voix était terrifiante. Ses yeux étaient incandescent, et brusquement il a pris la forme d'un loup, mon Xeris qui me regardait avec ce visage possessif et cruel.

"Tu es à moi."

J'ai hurlé, je me suis réveillée en sursaut. Nous étions de retour dans la caverne, tous endormi. Xeris m'a regardé, ne comprenant pas la terreur dans mon regard alors que je le fixais. Je l'ai serré contre moi, tremblant comme lors des pires cauchemars de mon enfance. Je priais les dieux de ne pas faire que ce rêve se concrétise.
Je n'ai pas décroché un mot, je ne voulais plus le lâcher. Des gardes de la capitale nous ont rejoint alors que nous quittions la forêt, Xeris pouvait entrer dans la ville et coucher à l'étable. J'ai dit que j'y dormirai aussi.
Le coucher du soleil fut marqué par les larmes, des funérailles et d'autres chants. Mais le cœur n'y était plus pour moi. Je n'avais de cesse de fixer mon Xeris avec inquiétude. Les Hjalmar ont convenu de repartir le lendemain avec la dépouille d'Oncle Siegfried, le ramener chez lui.. chez nous. Mais il n'était pas seulement temps pour lui de s'en aller, Moira aussi était rappelée chez elle. Un cercle est apparu sur le port à la nuit tombée, il nous a semblé clair que sa venue avait été autorisée par les dieux afin qu'elle rende hommage à son ami proche. Après avoir fait ses adieux, elle s'en est retournée dans les royaumes souterrains auprès de son époux et de ses enfants.
C'en était trop pour moi.

J'ai laissé mes... amis... mon loup, mes seigneurs, le clan, la capitale, j'ai couru dans les bois hurler ma rage et mon angoisse. A qui me fier, à qui m'accrocher ?
Un souffle d'air a fait lever mon regard. Je l'ai vu, l'espace d'un instant, père dans son nuage de brume tiède tendant la main vers moi et criant mon nom. Son regard trahissait l'inquiétude, il a essayé jusqu'au bout de ses forces de venir me chercher. Son image a disparu presque aussitôt. Je me sentais désespérément seule. Pourquoi avait-on permi à Moira de venir dans ce monde, et on m'interdisait à moi de retourner dans le miens ? Le miens... je me suis toujours sentie partagée entre Midgard et Alfrheim. Avant, j'attendais avec impatience de partir à l'aventure sur les terres Hjalmar, maintenant je réalise à quel point tout était facile au Palais du Lys Blanc. Un instant de faiblesse, juste un instant. Je devais me ressaisir.

Je suis rentrée, fatiguée et tendue. Les deux rois m'ont fait mandé à peine arrivée dans la cité. Ils m'ont demandé de partir vers le Nord... consulter la Dame de Givre mais aussi conclure des alliances avec les cités lointaines qui avaient encore des contacts avec la Scania ; toutes des villes où mère était passé autrefois.
Il y avait aussi la possibilité que le fils du Frodi se range de notre côté. Le jeune homme était en conflit avec son père et on l'avait envoyé comme émissaire au Nord également. Pourquoi pas après tout, il ne risque pas d'être comme son père et m'enfermer dans une chambre... enfin j'espère.

J'allais regagner l'écurie, retrouver mon Xeris, perdue dans mes pensées si controversée quand j'ai vu sur la fenêtre une couche de givre se former. Curieuse, je me suis approchée. Et j'ai vu les lettres apparaître : "VIENS A MOI". J'ai compris qu'elle nous attendait. Elle est donc bien ici, elle aussi.

"A vos ordres, votre majesté."

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Ven 23 Sep - 15:44



L'oubliée, l'ermite, et la forêt


Voyager par la mer a été reposant je dois dire. Après une nuit dans l'étable, coincée entre Xeris et Angus qui m'a serré si fort que j'ai cru qu'il voulait me tuer à plusieurs reprises, même l'humidité et le froid sur le navire m'a semblé plus agréable. Bien emmitouflée dans des couvertures en peau contre mon Xeris sujet au mal de mer, je respirais enfin.
Les deux princes nous se sont joint au voyage, ainsi que Melkorka qui est arrivée juste avant qu'on ne prenne la mer avec le navire et l'équipage mit à notre disposition par les frères rois. La journée, j'aide comme je peux sur le navire comme vigie. Ce n'est pas très confortable mais je suis légère. Par contre, durant les tempêtes, ce n'est pas évident.

Après quelques jours de navigation, nous avons fait une halte sur une plage de galets, à mi chemin. Deux escales sont prévues avant l'arrivée à Klepp. Sitôt à terre, Xeris était tellement joyeux qu'il a voulu partir en promenade dans cette sombre forêt. J'ai suivi, tâchant d'oublier mes sombres visions. Au fond, il est mon ami depuis toujours.
Nous avons couru dans les bois mais je l'ai perdu de vue un moment. Il a entendu d'autres loups et il a filé, sur le coup je ne me suis pas inquiétée. J'ai pris un peu de temps pour moi, profitant du calme de cette forêt avant que l'on ne reprenne la mer à l'aube. Mais voilà, je suis à côté d'un village... étrange. Six, sept maisons dont une en ruines, on avait l'air de s'être acharné dessus, et pas un habitant dehors alors que les outils étaient encore là, les maisons barricadées. J'allais passer mon chemin, méfiante, mais j'ai vu Bjorn qui semblait parler au travers de l'une des portes, à des gens certainement enfermés dedans. Je me suis approchée, je les ai entendu parler de runes protectrice, de créature monstrueuse qui tue tout ce qui est dehors après le coucher du soleil. Il fallait partir.

"Oh non, Xeris...!"

J'ai laissé Bjorn courir sur la plage prévenir les autres, je suis allée chercher mon loup. je l'ai cherché en vain, il ne répondait pas, j'avais de plus en plus peur et le soleil déclinait au dessus des arbres. J'ai entendu un hurlement strident au loin, les animaux se sont cachés, mon sang n'a fait qu'un tour.
Par chance, j'ai trouvé un arbre creux dissimulé par des fourrés, je me suis faufilée à l'intérieur et n'ai plus bougé. J'ai entendu un battement d'aile si rapide que j'en ai à peine reconnu le son. Une ombre est passée près de moi en direction du village. Soudain, à nouveau, j'ai entendu le hurlement des loups. Ils sont aussi passés près de l'arbre poursuivant la créature. Ils l'ont attaqué. Parmi eux mon Xeris, hargneux et protecteur. Je suis sortie de ma cachette pour le voir s'écrouler à mes pieds. Je ne voyais pas les traits de cette chose, elle était faite d'ombre et volait, elle grondait et sifflait à m'en faire frémir. Je ne savais pas quoi faire, autour de moi les loups se faisaient massacrer.

"Talia, on arrive !"

Bjorn, Alric, ils sont arrivé juste à temps pour voir cette monstruosité se diriger vers le village. Elle a tenté d'entrer dans la maison où se trouvaient les habitants mais sa hargne allait à l'encontre de la maison en ruines. Elle s'acharnait dessus tant qu'il restait une pierre ou un objet à détruire.
Nous nous sommes approché. Sous un rayon de lune a éclairé l'endroit. Sous sa lueur nous avons discerné es traits de cette créature faire d'ombre, aux oreilles pointures et aux ailes de cuir noires, des yeux rouge brûlant de haine... elle avait l'air consciente cependant, elle n'attaquait pas pour le plaisir, elle semblait aveuglé par la colère.

 Au prix de lourds efforts nous avons réussi à la détruire, et à survivre, mais son corps a disparu et à peine était-elle tombée que nous l'entendions à nouveau dans la forêt. Elle semblait immortelle. Le seul moyen de s'en défaire était de trouver ce qui l'avait créée.
Les villageois ont dit que ses premières victimes avaient été le jarl et sa suite, et qu'elle était apparu peu après la disparition de leur volva. Dans la maison, nous avons retrouvé un bâton, des fioles, mais aussi des chaînes et des entraves. Quelqu'un avait été séquestré ici... la chose peut-être. Il nous fallait en savoir plus.
On nous a indiqué un ermite un peu plus loin, profondément enfoncé dans la forêt, celui qui avait formé la volva. Notre seule piste... ce qu'il nous a appris était encore pire que je ne le pensais.

C'était un homme dont je n'aurais su dire l'âge, mais pour nous autres Alfr (ou demi, dans mon cas), la vieillesse est un concept assez lointain. Enfin, peut-être que je connaitrais cela aussi, pour le moment on ne peut l'affirmer. Il avait l'air d'avoi bien vécu ceci dit, et grincheux, vivant dans une masure à moitié enterrée sous un petit promontoire. Après de longues minutes pour lui faire comprendre que nous n'étions pas une menace, il a fini par tout nous raconter.
La volva, une jeune fille qu'il avait formé aux runes, avait éveillé le bas instinct du jarl. Econduit, il en avait été réduit à la séquestration et au viol. Les villageois avaient fermé les yeux et pensaient sans doute qu'elle était morte lors de la première attaque de la créature. Mais pour moi et mes compagnons, c'était une toute autre hypothèse. Je leur ai raconté l'histoire du monstre de Klepp, un jarl maudit qui chaque nuit se changeait en monstre.
L'ermite nous a indiqué un sanctuaire, ou ce qu'il en restait. Une faille l'avait coupé en deux et des volutes sombres s'en échappaient. A proximité, je sentais venir la transformation. Il n'y avait rien d'autre, et nous ne savions que faire. L'ermite m'a regardé fixement.

"Toi, tu n'es pas humaine, tu as du sang presque divin; les dieux peuvent peut-être t'entendre."

C'était bien la dernière chose que je voulais. Je savais, oui, qui n'attendais qu'une occasion de mettre la main sur moi pour je ne sais quelle obscure raison. Mais quel autre choix avions-nous ?
J'ai prié, prié pour obtenir une réponse, de n'importe qui. Freyja pouvait nous aider, peut-être... mais c'est le rire terrifiant que j'ai entendu, et la silhouette qui me fixait, suspendue entre les volutes de fumée n'était pas celle que j'espérais. Il me regardait moi, tandis que l'image d'une jeune fille en pleurs passait au travers du rideaux sombre en laissant tomber un objet dans la faille, un objet scintillant. La volva avait passé un pacte avec Loki ? Folle... la voilà maudite. l'image a disparu, et je me suis précipitée avec la faille. Oui, j'ai vu l'objet au fond du liquide noir qui suintait de la roche. Pas le choix...
... Je suis allée le chercher, et ressortie en louve. Heureusement, Alric avait encore des fioles de la faille blanche. Je tenais un collier, avec une amulette. Surement un objet auquel elle tenait beaucoup. Une fois détruit, la créature pouvait mourir elle aussi. Avant de disparaitre, elle nous a dit merci.

La forêt a retrouvé son calme. Xeris, bien que blessé, a pu remonter à bord du navire. Avant de rejoindre les autres, j'ai laissé Alric et Bjorn aller avertir les villageois qu'ils ne risquaient plus rien. Ils ont préféré partir. Moi, je suis restée avec l'ermite... j'avais quelque chose à lui demander.

"S'il vous plait, apprenez-moi à lire les runes."

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Ven 23 Sep - 17:34



Le marchand d'esclaves


Après une journée d'apprentissage (et de torture) intense, je savais lire les runes, enfin à peu près. Je savais au moins les reconnaître. Restait à mettre en pratique pour déchiffrer de futures inscriptions, c'est encore autre chose. Mais j'avais au moins la base... je ne pensais pas... que cela prendrait une telle tournure.
Le vieil ermite grognon et grincheux a décidé... de nous suivre. Et il connait Melkorka, je ne sais pas d'où mais... ils se connaissent. Je ne l'en respecte que davantage, mais je redoute quand même la suite. Il me torture vraiment ! Des heures, et des heures, à répéter des lignes et des lignes... jusqu'à ce que je ne puisse plus bouger le coude. Il me tue à la tâche, mais j'apprends. Les jours de voyage suivant n'ont été que runes et coups de bâton pour moi, jusqu'à la ville de Borre. La "hasard" a voulu que nous soyons arrivés au premier jour d'une grande fête : le mariage de la fille du Jarl avec un prince du Nord.
Le capitaine nous a... presque supplié de rester pour la fête. Je n'y tenais pas, toute cette fête, tous ces gens, je rabattais ma capuche sur mes oreilles, je n'étais pas à l'aise. Et puis, nous n'avions pas de quoi séjourner à l'auberge. Enfin, j'ai fini par céder, juste une nuit, que les hommes se reposent. Après tout, nous allions vers une terre hostile et plus froide encore.

Mes compagnons et moi nous sommes mit en quête de chercher quelques pièces pour payer notre repas et faire réparer nos armes, préparer d'autres rations. J'ai pu nous négocier une chambre et un repas à l'auberge, si je chantais. Alors j'ai chanté... Je n'aurais peut-être pas dû.
Une fois l'affaire conclue avec l'aubergiste, et la clé de la chambre en main, je lui promettais de revenir chanter le soir-même pour lui assurer sa clientèle et je suis sortie chercher les autres. C'est là qu'un homme m'a abordé. On me l'a décrit comme l'homme de main de Jarl ; le jarl veut quelque chose, cet homme le lui trouve. En l’occurrence, il voulait ma voix et mes chants pour le mariage de la jeune promise. Il m'a promis de l'or, des ornements, une chambre dans la maison longue... rien que je ne pouvais accepter. J'ai donc refusé... au début. Quand plus tard j'ai raconté cette histoire à Bjorn et Alric ils en ont manqué de m'étrangler, mais je m'avance un peu.

Je suis descendue sur le port, voir Xeris qui veillait sur les deux enfants. J'ai entendu un boucan de troll dans un rade, un taudis près de la jetée. Une bagarre générale faisait l'animation de la soirée, et l'acteur principal, c'était Bjorn. Il tapait sur tout ce qui bouge en posant la question "sais-tu où est Redar ?". Bon, j'ai haussé les épaules, j'ai vu Alric qui arrivait au loin, je suis entrée et je me suis faufilée entre les "participants" tout en posant la même question avec politesse. Le tavernier a fini par répondre que le dénommé Redar ne venait plus ici, il évitait la ville depuis ses ennuis avec le jarl mais il avait un campement à l'extérieur vers la forêt. C'était déjà un début de réponse. Mais c'est qui ce Redar au juste ?
Apparemment, c'était un travail confié à Bjorn par le jarl. Il m'a expliqué, pendant qu'Alric soignait les blessés (comme d'habitude) que c'était un marchand d'esclaves qui avait plus ou moins eu des mots avec la garde. Il devait recevoir un joli sac de pièces en échange de le ramener vivant.

Nous nous sommes aventuré en forêt en pleine nuit, avec la bénédiction de la garde quand ils ont su qui nous envoyait. On a trouvé le campement de l'homme. Il était sur le départ, il a envoyé deux hommes vendre plusieurs de ses esclaves détenus dans un enclos et a envoyé un autre tuer un enfant à la jambe bleue tant il avait été battu.
La priorité était de sauver l'enfant, j'ai laissé Alric s'occuper des deux qui emmenaient les autres vers la ville. Une flèche dans sa nuque aura suffit à ce monstre tueur d'enfant qui s'est retrouvé cloué au tronc. Je n'aurais pas été demi-alfr, sa mort aurait été bien plus lente mais bon... j'ai des principes. J'ai détaché l'enfant et je l'ai caché avec moi pendant que j'épiais le camp. Redar discutait avec son dernier complice, il parlait d'une fiole à faire disparaître. Il l'a montré, j'ai reconnu le liquide noir... le sang de Muspel, cette saleté.
J'ai encoché une nouvelle flèche, et j'ai tiré, tuant sur le coup son comparse. Surpris, il n'a pas cillé quand je suis sortie de ma cachette. j'étais hors de moi. Je revoyais le cadavre d'oncle Siegfried...

"Où as-tu eu ça ? Dis-le moi !"

J'avais envie de le tuer. Ma voix vacillait, j'étais à deux doigts de perdre le contrôle mais je ne voulais pas faire de mal à l'enfant. Il m'a dit qu'il l'avait acheté à un homme venu du Sud, qu'il avait prévu de s'en servir mais que son plan avait mal tourné.
Bjorn est revenu, il avait réussi son coup. J'ai pu rendre l'enfant à sa mère et on était en route vers le ville quand j'ai entendu les femmes prononcer le nom "Hunh". Ils parlaient entre eux, ils parlaient le finnois.
Hunh ? Notre petit prince finnois Hunh ? J'ai tenté de communiquer, j'ai fini par leur faire comprendre qu'il était avec nous et qu'on pouvait les emmener à lui. Ce que nous avons fait après avoir livré Redar à la garde. Ils nous ont appris dans un même temps qu'un navire Hjalmar venait d'accoster. Nous sommes allé voir... Angus était là, et avec des renforts. Nous allions devoir rester plus longtemps. C'est là que j'ai parlé à mes compagnons de la proposition de l'homme de main du Jarl et qu'ils ont manqué de m'étrangler. Poussée par leurs arguments... de poids... je me suis présentée à la Maison Longue et j'ai accepté l'offre pour le lendemain soir pendant que le second navire Hjalmar quittait discrètement le port pour aller protéger les jeunes princes et Xeris hors de la vue des invités de demain, dans une crique à quelques lieues de la ville.


Cette nuit-là à l'auberge, j'ai fait un nouveau rêve. J'ai rêvé d'une caverne sombre et d'un grand loup endormi, retenu par des chaînes sur le point de céder. Et j'ai vu un océan gelé, de la glace à perte de vue, et sous mes pieds une sombre ondulation. C'est un message qui m'a été envoyé, qui montre que le temps presse...
...et je l'entends rire dans ma tête, encore. Il sait quand je suis sur le point de perdre le contrôle, il aime le chaos.
J'ai fait de mon mieux pour dormir. Survivre à cette fête de mariage s'annonçait pire que de survivre en forêt
avec mon maître et ses runes...

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Ven 23 Sep - 18:40



Jeux dangereux


La journée a commencé sous les meilleurs auspices pour les jeunes mariés. Je suis restée à l'intérieur de l'auberge pendant que la procession descendait vers le port. Le jarl aurait offert à ses sujets plusieurs barils de vin, à ce que Alric m'a raconté. Une bien belle fête... l'homme de main est revenu à l'auberge, et m'a demandé de me présenter au coucher du soleil à la Maison Longue. D'ici là il suggéra de nous inscrire aux épreuves festives... Bjorn était motivé. Après tout, pourquoi pas.
Je me suis inscrite aux épreuves de chant et de tir à l'arc, Bjorn celles de combat à mains nues. Le plus amusant, c'est qu'un mystérieux nom est apparu sur la liste des participants aux épreuves de natation : Joggy. On a préféré faire comme si on n'avait pas relevé mais nous n'avons pas manqué l'épreuve. En effet; les nageurs ont été terrorisés par un participant à écailles. Bref...

Bjorn a affronté un grand homme qui se faisait appeler "le demi géant". Il l'a battu, je n'en étais pas peu fière. Mais l'homme portait sur l'épaule une marque étrange. Il m'a regardé, je l'ai regardé, j'ai voulu le suivre mais il avait disparu et les épreuves de tir à l'arc allaient commencer.
Je me suis retrouvée face à une archère brillante, dame Lok, au visage masqué. Je me sentais bizarre à côté d'elle, quelque chose n'allait pas. J'ai fait de mon mieux pour me concentrer. Je l'ai battue, de peu. Bjorn et moi avons empoché nos gains et je leur ai raconté mon malaise. On a voulu se renseigner sur ces deux personnes qui étaient arrivées ensemble dans la ville. Il parait qu'ils étaient trois, et que l'un d'eux avait justement présenté la fille du jarl à son futur époux.
J'étais bien décidée à aller au bout de ce mystère, et en même temps, j'avais hâte de partir d'ici. Quelque chose me dérangeait mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus.

Le soir est vite arrivé. Comme convenu, on nous attendait à l'entrée de la Maison Longue. J'avais fait en sorte de me préparer mais visiblement mes vêtements n'allaient pas, je ne vois pas ce qu'ils reprochent à ma cape et ma capuche...
On m'a offert une robe midgardienne, comprise dans le paiement, bridée d'argent, une splendeur que ma sœur aurait adoré. Soit, j'ai tout de même insisté pour garder ma cape en fourrure ; on me l'a laissée. Je ne souhaitais pas montrer ma nature devant toute l'assemblée.
 



Quand on m'a appellée pour chanter, j'ai tâché de faire au mieux, et il semble que cela ai plu. J'ai chanté la chanson que je connais le mieux, celle que mère chante souvent. Elle va bien pour un mariage après tout.
Peu de temps après, on est venu me dire que le Jarl voulait me parler en privé. J'ai suivi, pas très à l'aise. On m'a conduit dans une salle où j'ai été confrontée au cadavre de Redar, le jarl l'avait visiblement torturé. Il m'a dit que cet homme possédait une fiole d'un liquide noir spécial, et qu'il le voulait. Je me suis aussitôt méfiée. J'ai répondu que nous n'avions rien eu de tel, il m'a demandé si je voulais bien me rendre avec Bjorn et Alric sur les lieux à nouveau pour vérifier, et dans la foulée si je voulais bien emmener les esclaves avec le navire pour ne pas qu'ils soient confrontés à son genre venu de Finlande lui aussi.

En sortant, j'ai croisé Bjorn. Il m'a dit avoir vu le troisième homme avec le demi géant et Dame Lok. Un homme en armure noire qui s'est présenté comme "Ravastson". Je crois... que je suis devenue plus pâle que la lune. Ce nom, je le connaissais...
...Et ça n'a pas coupé, au campement, il était là, Raw Ravastson avec Dame Lok et le demi-géant, ils cherchaient surement la même chose que nous. Nous ne nous sommes pas attardé, nous sommes allé directement au navire et avons prévenu Melkorka etm on maître. Je n'ai même pas eu le temps de proposer de détruire la fiole qu'il l'avait déjà fait et mettait les débris dans un sac. Nous n'avions qu'à dire au jarl que la fiole s'était cassée dans le combat la veille.
Ce que nous avons fait ; en repassant par le campement pour ne pas attirer les soupçons. J'ai voulu... garder la tête haute devant Ravastson mais il sait des choses, il a dit qu'il savait où elle est. Je suis troublée, l'hypothèse que Dame Lok serait ma mère m'a traversé l'esprit mais je ne suis pas certaine du tout. Mère n'a jamais tenu un arc de sa vie. Loka aime le chaos, il doit aimer cette situation...

"Nous en avons terminé ici, partons."

Ils ont quitté la ville sans même attendre la fin du banquet. J'ai suivi mes compagnons, l'esprit embrouillé par mes sombres pensées. Devant nous, la fête battait son plein, derrière nous, de sombres complots se forment...
... Je suis de plus en plus tentée par le lâcher-prise. Le seul qui connait toutes les réponses, celui que je crains, même si on retrouve le parchemin avant lui... que fera t-il pour nous le soutirer ? J'ai peur d'être un jour un fardeau pour mes compagnons, une faille exploitable.

Que vais-je devenir, si je perds le contrôle ?   

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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Talia   Dim 6 Nov - 10:46

La Révolte hystérique



Notre voyage s'est poursuivi jusqu'à la ville de Klepp. J'avais entendu de nombreuses histoires sur cette ville, sans doute l'un des passages préféré de mère, car c'est ici qu'ils se sont "vraiment" parlé, père et elle. Mais la ville semblait avoir beaucoup souffert, bien différente des histoires. Une ville morne et froide, pauvre.
En descendant du bateau, nous avons tout de suite été abordés par la garde du port, menée par une femme au visage si froid et inexpressif que je l'aurais pris pour un cadavre. Elle a exigé de fouiller la cargaison, impossible de lui cacher Xeris pour le coup. Forcément, elle s'est méfiée... j'ai dû la jouer fine. J'ai proposé d'envoyer Xeris dans les bois, ainsi il ne ferait peur à personne. J'ai pas apprécié ses allusions comme quoi au moindre problème il se pourrait qu'une battue au loup soit organisée, mais j'ai ravalé ma salive. Diplomatie.

J'ai joué la carte "on nous connait" pour tenter de voir le jarl. Si je ne me trompais pas, ce devait être celui que mère avait connu, ou son fils à qui elle avait appris à courir sur les toits. Sauf que voilà, je me trompais. On nous a appris en chemin que le jarl était mort et que son fils, suite à une sombre affaire, s'était exilé dans une autre ville après son mariage. Une chance, le jarl actuel a eu l'air fasciné par nos aventure. Un homme bien en chair et paré de bijoux et de fourrure. Il m'a bassiné de questions sur Alfrheim. Pourquoi on me pose toujours des questions sur Alfrheim...?
La ville avait ses problèmes, attaques de monstres, brigands... rien de propice à une alliance mais au moins nous avions l'hospitalité. Juste après le repas, le jarl est pourtant rentré dans une colère noire, on lui avait volé une de ses bagues. Je sais pas pourquoi mais je me suis méfiée. Pendant qu'on cherchait j'ai demandé à Alric d'envoyer son faucon dans nos chambres, des fois qu'on voudrait nous faire accuser. Je le sentais venir gros comme une maison. mais rien. Pourtant, ça ne me plaisait pas.
Suivant la piste on a repéré des traces dehors, près d'une fenêtre ouverte. Des traces de pas d'enfant. On a accusé les garçons du port... j'ai eu du mal à y croire.

J'ai couru sur le port en suivant les traces, j'espérais trouver ces enfants avant la garde. J'ai mit du temps à trouver l'entrée de leur cachette, et ça m'a couté de passer sous un rideau d'algues, mais je les ai trouvé ; bien différents des histoires.
Maigres, malades, orphelins ou petits bandits... ces enfants n'avaient rien. J'ai appris que leurs parents avaient tous été emprisonnés ou exécutés. Le jarl prenait à ces gens tout ce qu'ils possèdent sous prétexte de les protéger contre des monstres qui reviennent sans cesse attaquer les alentours de la ville. Comment les midgardiens peuvent à ce point se laisser corrompre par l'argent ? Je ne comprends décidément pas. Alric était avec moi, il essayait tant bien que mal de soigner les plus malades.
Pour ne rien arranger, la tempête s'est levée, et l'eau a commencé à envahir la caverne, les enfants commençaient à paniquer. On a pu les sortir de là tant bien que mal, mais le port était déjà presque entièrement submergé.

"FAILLE !"

La terre a tremblé, les maisons se sont écroulées sur quelques rues de la ville basse. Alric et moi on a emmené les enfants dans les hauteurs, juste à temps. Nous avons trouvé refuge dans une ruelle dont les murs des maisons étaient plus solide. Une colonne de lumière a ouvert les cieux, une faille était apparue en plein milieu du port.
La tempête a cessé peu de temps après, c'était irréel.

Les gardes étaient partout, les enfants terrifiés. Je leur ai demandé s'ils avaient un endroit où se cacher, le plus vieux a hoché la tête et m'a montré la bague volée. Je lui ai dit de la garder, et je lui ai donné une once d'or. Après tout ce que j'ai entendu d'oncle Siegfried sur la malédiction de ma mère à renverser toutes les villes où ils passaient, je n'aurais jamais cru dire cela un jour :
"Prenez ça pour vous soigner et vous armer. Ce soir, je vous ouvrirai la porte de ma chambre chez le Jarl. Certains hirdmen se rangeront surement de vôtre côté, et vous aideront à le faire prisonnier. Allez, filez !"
Moi, Talia du Lys Blanc, venais de lancer une révolution... j'entendais d'ici la main d'oncle Siegfried se laquer contre son visage depuis le Valhalla.

Les évènements se sont enchaînés très vite, en tout cas pour moi. La nuit suivante, tout était prêt. Le jarl, paranoïaque, avait envoyé la garde du port fouiller la ville à la recherche du moindre sou et du moindre traître. Je sentais bien que cette femme, sous son visage digne d'un masque mortuaire, était tiraillée par quelque chose... par contre à un moment je l'ai entendu pousser un hurlement dans la caserne, j'ai cru qu'elle allait exploser... je crois juste que entre les failles, les loups géants, les orphelins et les étrangers non-midgardiens cela commençait à faire beaucoup pour ses nerfs.  
Mais ce soir là, les insurgés sont venus comme promis, et ils ont pris d'assaut la maison du jarl. Pendant une vingtaine de minutes, ça a été un vrai chaos. Plus personne ne savait dans quel camp se placer, même les hirdmen étaient hésitant. Le jarl a réussi à sortir de la maison longue... mais il s'est retrouvé encerclé par la garde du port, et cette femme qui le fixait avec un mélange d'hésitation et de dégout. Elle a alors élevé la voix pour la première fois :

"J'ai prêté serment de défendre cette ville et ses habitants, pas un homme cupide et menteur."

Malgré moi je crois que j'ai souri. Je n'aime pas trop ses menaces envers Xeris mais... je l'aime bien.
Sauf que voilà, le jarl ne s'est pas laissé faire. Il a sortit de ses manches une bague et l'a lancé, faisant apparaître une créature monstrueuse. Voilà le mystère levé sur l'origine des monstres qui attaquaient les hommes dans la région...
Nous étions tous ensemble, donc nous l'avons vaincu, par contre pour la discrétion c'était pas encore ça. Le jarl mort et la créature détruite, on a retrouvé sur lui plusieurs autres bagues que mon maître s'est empressé d'analyser, entendre par là qu'il les a emballé dans un linge et qu'il les a détruite à coup de masse en criant au sacrilège, c'est une façon de faire que beaucoup approuveraient. Nous avons obtenu le droit de séjourner dans la maison longue jusqu'à notre départ, Alric a retrouvé la comptabilité du jarl pour savoir où il s'était procuré ces bagues. Le nom du fournisseur était barré, mais Alric a quand même réussi à déchiffrer un mot dans tout ce bazar :

JORHUNADR

Ça, c'était pas bon signe, parce que la même nuit on s'est à nouveau retrouvés dans le village aux neuf portails... et pas seuls. Cette fois, Rhist, la chef de la garde du port, était avec nous. Et sa crise de nerf a été... dévastatrice, surtout pour les ours mort-vivant qui nous ont attaqué. Une bonne chose parce qu'on a failli perdre Alric, une minute de plus et il y passait.


Donc, si on résume...
L'alliance avec Klepp c'est même pas la peine de l'envisager, même si le nouveau Jarl a été désigné dans les jours qui ont suivi et qu'il s'agit d'un des frères de Rhist.
Pas de trace non plus du fils de Frodi qui devait se trouver dans l'une des villes de la côte.
Rhist, vu sa trahison envers l'ancien jarl (même soutenue) doit quitter la ville et nous suivra désormais dans nos aventures, elle a obtenu une rune de Freyja c'est donc approuvé par les dieux.
Les Jorhunadr sont de retour, même si oncle siegfried, mère et leurs compagnons avaient réussi à tuer Valjona. Et ça c'est pas bon du tout !
Nous avons perdu cinq jours dans Klepp et sa majesté la Dame de Givre doit être méchamment en rogne, je risque de me faire transformer en pique à glace une fois devant elle...
Ah, oui, j'ai encore rêvé de Loki qui s'empare de moi et m'attire dans les ténèbres en me murmurant "tu ne peux pas m'échapper". D'ailleurs, aucune trace du parchemin...

...Si je perds le contrôle, je pourrais bien finir par lâcher prise nerveusement, moi aussi...

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Dernière édition par Lerith le Lun 7 Nov - 10:04, édité 1 fois
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