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 [Naolin Qalli] Un chant berçant sa vie

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Rin

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MessageSujet: [Naolin Qalli] Un chant berçant sa vie   Sam 28 Mai - 16:11


Fuire, le plus vite et le plus loin possible


      Catastrophe, c'est la catastrophe ! Arun, nous avions dit « plus tard » ! Pourquoi avoir agi ainsi ? Certes, j'étais une fois de plus en mauvaise posture, mais...

       En effet, sans elle, j'aurais encore subi les ébats sexuels d'un homme libidineux. Elle n'a pas pu le supporter davantage et je la comprends parfaitement. Les souvenirs me reviennent : Je l'ai vu saisir d'une poigne furibonde la dague posée sur la table - dague appartenant au monstre primitif - et n'a, en aucun cas, hésité à la planter droit dans sa colonne vertébrale. Vu l'immonde cri de douleur de cette vermine, j'avais compris qu'elle avait décalé la dague pour l'enfoncer de plus belle dans son cœur. Il a fini par abandonner le peu de force qui lui restait dans les bras et s'est mis à m'écraser de tout son poids. Il aboyait
« à l'aide », je l'entends encore résonner dans ma tête. Il a craché du sang sur mon visage tandis que je l'ai simplement regardé souffrir.

Je suis actuellement en fuite, dehors, en forêt. Il fait frais, il doit faire nuit. Je cours pieds nus sur la terre écorchée de racines. J'essaie de fuir mes poursuivants. Heureusement, j'arrive à les distinguer dans la nuit. Je me hâte dans ma course pendant qu'Arun leur barre le chemin en cassant certaines branches. Elle est devenue vraiment douée.

        J'arrive soudainement sur le bord d'une falaise. Que faire ? J'écarquille les yeux, je m'arrête juste à temps. J’aperçois une grande source en bas de cette falaise. Est-ce la mer ? C'est la mer. Arun me demande ce que je fais, je lui réponds prestement que je ne peux plus avancer. Elle arrive, les traqueurs à leur tour. La panique me crispe le ventre, mes cornes bourdonnent. Je me retourne et je les sens arriver. Ils sont là pour me ramener vive. Des larmes perlent sur mes joues tannées. Je n'ai qu'une issue et ce n'est pas la meilleure qui soit. J'entends leurs voix rauques me susurrer de me calmer. Ils sont drôles en plus ! Mes pas reculent et se rapprochent dangereusement de la limite entre la mort et un futur bien trop épuisant pour moi. Les leurs s'avancent religieusement vers moi, je le sens. Il faut que je prenne ma décision, il faut que je prenne mon courage à deux mains. Je fais un signe de tête à Arun avant de fermer les yeux. Mon expression est stoïque, je me résigne à accepter mon tragique destin. Mes bras s'écartent méticuleusement et ce qu'ils voient n'est qu'un sourire. Le sourire de la liberté. C'est alors que je me laisse tomber en arrière, maintenant mon sourire. Le vent caresse rapidement ma chevelure noire, je sens les mèches me chatouiller le bout du nez. Ma robe pourpre aux dentelles blanches s'agite au gré du souffle de la descente aux enfers. Je me laisse porter là où le destin me mènera. Tout ce que je souhaite est de ne plus souffrir. Arun, pardonne-moi.

Mes traqueurs écarquillent leurs yeux, ils se précipitent vers le point de départ de mon envol. Ils essaient de m'attraper, en vain. Ils semblent choqués, puis frustrés. Ils devaient me ramener vivante après tout, la prime qu'ils attendaient tant s'est évaporée. Tant pis pour eux comme tant pis pour moi. Ma tête frappe de plein fouet l'eau agitée de la mer.

Je perds connaissance.


Dernière édition par Rin le Dim 29 Mai - 12:48, édité 1 fois
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Rin

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MessageSujet: Re: [Naolin Qalli] Un chant berçant sa vie   Sam 28 Mai - 16:12


L'objet


        L'obscurité du placard renfermé sur moi n'accentue que de trop mon désarroi. Je suis habituée à cette obscurité, elle est devenue mon amie depuis des années maintenant. Elle est mon quotidien même. Je me sens étouffée de par cette anxiété. Elle s'agrippe fermement à moi, elle se colle à ma peau telle une sangsue et vient m'accaparer de toute volonté à poursuivre cette route. Arun est avec moi dans l'armoire, juste en face de moi. La minuscule petite brèche de lumière qui passe entre les deux portes du placard se cramponne sur mon avant-bras droit. C'est la pleine lune. J'ai toujours aimé la nuit, elle n'est jamais seule : les étoiles l'accompagneront toujours. Et puis, elle est belle et fraîche. Arun me dit souvent que mes prunelles seraient comme deux pleines lunes. J'ai une fois de plus le souvenir de sa forme et de sa couleur. Heureusement d'ailleurs. Cela me prouve que j'ai une bonne mémoire au moins. J'ai également bien grandi en y repensant. Désormais, je fais un mètre soixante huit, je suis une grande aoranne. Grande, mais affreusement faible.

Leurs regards ébauchés, leur mauvaise personne, leur immonde monstre relevé, leurs mains malsaines et remplies de perversité. Ils m'ont pénétrée. Ils m'ont arrachée l'âme, la dignité et la pureté que j'avais afin de les réduire à néant juste sous mes yeux. Ils les ont piétinées et crachées dessus. Je ressens encore leurs hideuses poignes sur mes restes fébriles et abusés. Le mal me saisit une nouvelle fois. Mes yeux sont visiblement fatigués étant donné leur couleur : rouge. Tout ça dure depuis trop longtemps. Cette vie n'est que malheur alors que tout me semblait beau et de confiance. On m'a offert une chambre, une toilette, un espace personnel et je suis enfermée dans une cage tel un oiseau voulant sa liberté. Exploitée, vendue, les mots me manquent pour me décrire aujourd'hui. Je ne suis qu'un simple objet de troc et je passe par toutes mains. Me revoilà nue dans mon placard et Arun me berce de sa mélodie. Elle souhaite me rassurer, encore une fois. Je la suis dans son chant, mais je ne fais que chantonner l'air. Je n'ai plus la force de chanter, ma voix est cassée. J'en ai assez Arun...

Assez. 
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Rin

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MessageSujet: Re: [Naolin Qalli] Un chant berçant sa vie   Dim 5 Juin - 19:09



Un don à double tranchant
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       Je suis dans les coulisses, seule. Mais ça, ce n'est qu'une question de point de vue. On m'a pomponnée, coiffée. Désormais, j'ai les cheveux longs, je les sens jusqu'au milieu de mon dos. Je sais que l'on m'a maquillée, ma peau est lourde. Apparemment, d'après eux, je serais devenue une vraie geisha. Comment ont-ils réussit à me maquiller le visage en blanc alors que ma peau est tannée ? Je sens un vêtement assez lourd sur moi. Un kimono, n'est-ce pas ? Arun me dit oui et m'envie. Elle me dit que mon kimono est blanc orné de pétales rouges. Cela doit être joli à voir, c'est vrai. Je suis légèrement gênée aux compliments qu'elle peut me faire à mon égard : je ne suis pas habituée à entendre que je suis belle. Mes cornes restent aux aguets, j'entends beaucoup de monde. M'attendent-ils ? Vais-je réussir ? Je reste fixe à me poser des tas de questions. A chaque fois que des personnes passent à côté de moi, leurs mots se taisent. Arun, ne fais rien, ne dis rien. La situation est déjà bien trop compliqué pour en rajouter.
       C'est à mon tour, j'entends quelqu'un m'appeler sur scène. Je m'y dirige enfin.

       En arrivant face à la foule, on m’applaudit. La salle m'acclame. Je reste calme, digne et droite. Je ne souris pas. Pourquoi sourire ? Ma prestation doit être parfaite. Malheureusement, certains commentaires m’interpellent : « Une xaela ici ? » ; « C'est étrange ! ». Je perds très vite ma confiance. La présence d'Arun à mes côtés me donne une once de courage pour me sortir de mes pensées. Je ne suis pas seule, je ne dois pas l'oublier. Mes pas se dirigent vers le centre de la scène puis j'attends, me concentrant sur ce qui va suivre. La salle se tait et laisse place à un silence vous glaçant le sang. Étrangement, ceci me met dans un cocon dont je suis la seule résidente. Puis, j'entends la musique se mettre en route. Je prends une inspiration entre mes lèvres et je ferme les yeux.

       Je chante. Ma voix se propage dans la salle remplie de spectateurs ébahis. Je l'adoucie du mieux que je peux, je cherche à être moi-même. Ça y est, Arun m'accompagne. Nos voix sont en coordinations. Ceci me donne cette prospérité que j'avais jadis chez nous, chez père et mère. Je me sens alors comme chez moi. Ce plaisir que je prends à chanter est véridique, j'y met tout mon coeur. Je connais parfaitement les paroles de cette chanson car elles parlent de ma vie. Simplement, je ne sais pas si cela est une bonne chose. Lorsque je chante cette chanson, des images me reviennent. Je ne crispe pas du visage mais mes mains se serrent. C'est douloureux. Ma voix semble s'être améliorée, je crois que c'est grâce au professeur de chant que l'on m'a attribuée. Tous les jours, il fait travailler ma voix. Ces derniers jours, ceci s'est accéléré en raison de cette prestation. Cela ne me gêne pas, je nourris cette passion pour le chant tous les jours.
De ce que je peux voir, il y a beaucoup de personnes dans la salle. Certains éthers sont différents, d'où viennent-ils ? J'oublie rapidement cette question, je suis heureuse qu'ils m'écoutent. Je me sens vivante. Ma voix et mon chant deviennent de plus en plus mouvementés et forts, je m'amuse, on m'acclame !

       Que se passe-t-il ? Un énorme battement de coeur me force à arrêter mon chant. J'écarquille les yeux, sa pulsion me fait mal. Ma tête se serre, elle me fait horriblement mal. Tandis que mon coeur recommence à faire cette pulsion, je remarque que j'ai du mal à rester debout. Ma respiration semble irrégulière. Que se passe-t-il ? Ma tête tourne et tourne, j'essaie de comprendre ce qu'il se passe mais je n'entends plus rien. J'aimerais dire que je ne vois plus rien non mais la blague serait mal appropriée. Je valse sur la scène, je combats la gravité qui tente de me mettre à terre. La pression est trop forte, je touche le sol et je perds connaissance. Malgré ça, je sens que mes yeux brûlent.

Pourquoi maintenant ?

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Rin

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MessageSujet: Re: [Naolin Qalli] Un chant berçant sa vie   Mer 22 Juin - 17:46




Un changement radical
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       Je me trouve dans une charrette et la fraîcheur de l'air m'indique qu'il fait nuit. Je ne sais pas où on me conduit, mais je sais que l'endroit où je vais atterrir sera loin de chez moi. Loin de ma famille. Je ressens un regard sur moi. Cette personne se trouve en face de moi et, de ce que j'ai pu en juger avec son accent, c'est une raenne. Elle détient très peu d'éther... Est-ce une guerrière ?
Je perçois Arun faire le pitre derrière la femelle, un rire s'échappe d'entre mes lèvres. Je dois le réprimer, il ne faut pas qu'elle sente que je me moque d'elle. Arun, arrête..


« Arrête.. Arrête !
- Mh ?
- P..Pardon. »

Arun, tu me fais passer pour une folle maintenant. A y réfléchir, cela ne changera pas de d'habitude.

       Mes frères et sœurs ont continué de me traiter comme une moins que rien. Ce n'était aucunement de la taquinerie. J'ai seize ans désormais et je pense telle une adulte. Je sais reconnaître le vrai du faux. On me laissait et me forçait à tout faire à la maison. De plus, plus les années passèrent, plus on me cachait, comme si on m'effaçait. Comme si on me faisait passer pour morte. Est-ce que j'aurais dû t'accompagner, Arun ? Oui, peut-être. Totalement. On essayait de me tuer socialement et ils ont réussi. Cela n'avait aucune importance, Arun était à mes côtés. Lorsque l'on me laissait agoniser dans ma chambre, elle était toujours présente pour moi. Elle me berçait de ses chansons que seule moi pouvait entendre. Je chantonnais à ses côtés bien que je chantonnais seule pour les autres. Cependant, je suis une Qalli. Nous sommes de la tribu des Qalli. C'est une qualité chez nous, de savoir chanter. Et j'y prenais plaisirs maintenant lorsqu'elle le faisait avec moi. C'était devenue une passion comme une consolation.

       Malheureusement, mes parents commençaient à me surveiller de plus en plus près. Pourtant, ils ne me relevaient et ne me défendaient jamais contre ma fratrie mais ils se permettaient de venir m'écouter chanter. Quelques fois, ils rentraient dans ma chambre et me demandaient de chanter pour eux seuls. Quelle audace de leur part.
Un matin, on est venu me chercher. Je me trouverais dans mon lit, mes parents se tenaient à la porte. J'avais senti deux bras m'extirper du lit afin de me traîner jusqu'à la charrette où je suis aujourd'hui. Je me rappelle avoir été sonné par le réveil brutal mais la sensibilité de mes cornes m'a fait comprendre que mes parents leur donnaient de l'argent, au son de l'argent s'entrechoquant entre eux. « Ils se sont enfin décidé à se débarrasser de moi. » avais-je pensé à ce moment précis. J'étais devenue un objet. Le sommeil me rattrapait, je n'avais pas la force de lutter. Arun me serra contre elle alors que je tenais assise rien qu'avec mon dos.

       Je me réveille enfin. Il me semble que nous sommes presque arrivés, l'air n'est pas du tout le même qu'au village. Si je déduis bien, nous sommes sur le territoire raen. Où suis-je à nouveau ? La charrette s'arrête, on me force à sortir, je me laisse faire. On me dit d'accélérer le pas afin que je puisse rencontrer mon futur maître. Mon futur maître ? J'arrive dans une grande pièce, j'entends les échos de pas que nous faisons. Si ma déduction est bonne, c'est la première fois que j'entre dans une maison raenne. Où suis-je ? C'est ma première question. On me répond immédiatement que je suis à Doma et que mon futur maître m'attend. Où est-il ? Il se tient sur sa chaise mais je ne vois que son faible éther. Il y a également beaucoup de guerrier ici.
Après une rapide présentation de ma part, il me répond simplement que je vais devenir riche et convoitée avec ma voix. J'en conclus rapidement que ceci va être mon nouveau métier désormais. Je ne sais pas si c'est une bonne chose mais Arun semble confiante et m'encourage même. Je crois en toi, Arun. Je ne peux pas refuser leur offre non plus, je suis devenue une esclave depuis que mes parents m'ont vendue. On m'annonce que je dois aller me préparer pour un dîner en tête à tête avec mon nouveau maître. Dès lors, on me saisit de nouveau les bras afin de m'amener ailleurs. Ma curiosité me pousse à demander où, on me répond que je verrai. C'est faux, je ne peux pas voir.

       A en juger par les dires de ceux qui m'ont amenée ici, c'est une chambre. Le tapis est bien soyeux et le drap du lit est doux. Arun me décrit l'endroit, j'en déduis que c'est une chambre luxueuse. Les choses de valeurs ne sont pas ce qui manque ici. Est-ce ma chambre ? Pourquoi suis-je ici ? Soudainement, la porte s'ouvre et trois raennes armées de ciseaux et de peignes rentrent dans la pièce. Elles me font asseoir sur une chaise devant une table et commencent par me laver les cheveux. Je devine rapidement qu'elles sont venues afin de me rendre belle. Pendant que l'on s'occupe de mes cheveux, on s'occupe de mon visage. je crois qu'on me maquille. Il me semble que c'est la première fois que l'on s'occupe de moi depuis dix ans... Je n'ai jamais trouvé de toucher aussi agréable. C'est plaisant, j'ai envie de pleurer de joie. Et si ce n'était pas aussi mauvais que ça, de m'avoir vendue ici ? Arun se fait plaisir à aller partout de son côté.

       Je suis enfin prête. Je me tiens devant sa porte, elle est grande. Je ne sais pas comment me sentir. Je porte une très longues robes, elle me semble lourde également. Cependant, elle est douce, je l'aime bien. Je sens que mes cheveux sont soyeux également. Je me sens..revivre ? Qu'en penses-tu, Arun ? Elle reste près de moi, elle ne veut pas m'abandonner. Merci.
La porte s'ouvre à moi et je m'avance. J'incline la tête et Arun me dit que le maître vient de me sourire. Il me demande de m'asseoir face à lui, je m'exécute. Le silence. Il m'observe, cela se sent.


« Désormais, tu seras une maiko, Naolin. Je ferais de toi la plus belle geisha xaela. »



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MessageSujet: Re: [Naolin Qalli] Un chant berçant sa vie   Ven 24 Juin - 10:53




Le chant de l'Espoir
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         Cela fait une heure que je me suis recroquevillée sur moi-même dans ce coin de ma chambre. Je me balance en avant puis en arrière. Je ne vois plus rien, mes cheveux sont tombés sur mon visage après avoir baissé la tête. Je n'arrive plus à pleurer, j'ai trop donné. Je pense, je rumine seule. Paimon, grande soeur, pourquoi es-tu partie d'ici ? Pourquoi m'avoir laissée ? Tu étais la seule personne qui prenait soin de moi dans cette famille comme tu étais la plus aimée de nous tous. Tu me manques, vraiment. Mes bras ont entouré mes jambes, je ne fais que d'y penser. C'était mon anniversaire hier, j'ai eu neuf ans. Ce n'était pas un cadeau de partir loin de moi, grande soeur, n'est-ce pas ? Arun n'est pas loin mais elle est affreusement frustrée. Elle a de nouveau assisté à leur carnage. Il me semble que j'ai un bleu sur la joue droite, je ne sais plus vraiment, j'ai mal partout. Il y a un calme sans fin dans la pièce, on dirait que je suis seule.

         Soudainement, j'entends un chant. Une voix me chante une douce mélodie. Elle est douce et joyeuse sur les bords. le rythme m'apaise aussitôt chanté et cela me touche. Arun, merci. Je redresse la tête et je place mon regard fatigué sur elle. Elle chante bel et bien. De sa voix d'enfant, elle tente de m'apaiser au mieux. Je reviens à regarder devant moi tout en écoutant le chant. Je me balance à nouveau, je dodeline de la tête également. Le rythme m'entraîne avec lui. En écoutant cette chanson, je me suis rendue compte que je ne pensais plus et que mes douleurs physiques ne prenaient plus le dessus dans mes pensées. C'est un beau remède, le chant. Je me sens dans un autre monde, plus joyeux, là où je peux à nouveau regarder la vie dans toute sa splendeur. Arun répète souvent la mélodie, je commence à la connaître. Cependant, je préfère l'écouter. Je dodeline à nouveau la tête, je ferme finalement les yeux. Ce n'est pas si mal de se laisser bercer. Je ne peux m'en empêcher, je me mets à la chantonner également. Nos voix sont à l'unisson. J'ai beau avoir une voix faible, tant que ej peux m'entendre intérieurement, tout va bien. Je ne connais pas la solitude avec elle. En réalité, je  ne suis jamais seule, Arun est là pour moi.
J'entends ma porte s'ouvrir. J'ouvre doucement les yeux et j'y jette un coup d'oeil. Je vois deux tâches bleues, cela doit être mes parents. Ils sont encore venu m'entendre chanter. Ce n'est rien, ç'a m'apaise. Ma voix s'éclaircie. Maman, Papa, je ne suis pas seule. Arun est là mais vous ne pouvez pas la voir. Croyez-moi, elle est toujours là, elle ne nous a jamais quitté. Et en pensant ceci, des larmes perlent sur mes joues. Arun. Arun est ma fierté. Je ne peux que la remercier d'être restée parmi nous. Elle vit en moi désormais. Alors je chante plus gaiement pour montrer que je vais bien. C'est décidé, je deviendrais la meilleure chanteuse de ma tribu au nom d'Arun. Personne ne me surpassera.

Je vois Arun sourire tout en chantant, je me sens bien.





Dernière édition par Rin le Lun 27 Juin - 15:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Naolin Qalli] Un chant berçant sa vie   Lun 27 Juin - 15:49




Le commencement
______________________________________________________________________

    Que s'est-il passé...? Mon corps me fait mal de partout. Je sens que je suis sonnée, je n'arrive pas à bien entendre. A moins qu'il n'y ait rien à entendre ? Ah, j'entends des gouttes d'eau tombées. J'entends leurs échos également. Que s'est-il passé ? Où suis-je ? Avec beaucoup de mal, j'ouvre enfin les yeux mais je n'y vois pas grand chose. Il fait sombre... Il fait tout noir. Ah ? Je tiens quelque chose dans ma main droite. Je la tâte rapidement et je devine assez rapidement que c'est une main.. Arun ? C'est sa main, n'est-ce pas ? Nous étions ensemble tout à l'heure... Je me relève avec douleur et avec effort, je me rapproche d'elle. Je la prends dans mes bras mais elle ne réagit pas. Pourquoi ne bouge-t-elle pas ? M'entend-elle l'appeler ? J'ai beau la secouer, elle ne me répond pas. Cette obscurité commence doucement à m'effrayer, nous sommes pourtant en pleine journée. Où suis-je ? Maman, tu es là ? Papa ? Paimon ?! Cette obscurité me rend folle.

C'est alors que je me souviens de ce qu'il s'est passé. Nous étions entrain de nous balader, Arun et moi, dans la forêt que nous aimions tant dans les steppes d'Othard. Cependant, une créature dont je ne me souviens plus son apparence nous a pourchassé. Arun me tenait la main à ce moment là pour que nous puissions courir à la même vitesse et surtout, pour ne pas laisser l'autre à sa merci. Elle est plus rapide que moi, il fallait qu'elle puisse me guider. Mais... Nous avons glissé, n'est-ce pas ? Arun, tu as dérapé et nous sommes tombées dans une crevasse.. N'est-ce pas ? C'est pour ça que j'ai mal partout, la chute n'est pas du tout agréable. Je crois même que ma cheville gauche est fêlée. Oh Arun.. Combien de temps avons-nous passé ici ? Combien de temps m'as-tu quitté ? Je la secoue encore et encore, je sens que mes joues deviennent de plus en plus humides. Les larmes me chatouillent le menton après leur longue trajectoire parcourue. Je ne veux pas l'accepter, je ne peux pas. Je cris, mav voix tremble et se colle sur les parois de la crevasse. Je ne vois rien, mais je comprends vite malgré mon très jeune âge. Je la garde contre moi et je la berce de mes sanglots. Arun, tu avais dit que nous passerons nos sept ans demain, ensemble. Pourquoi m'as-tu laissée ?

       Mon ventre grogne. Cela me réveille, j'ai la tête sur le sol. Mes paupières ont du mal à se décoller. Arun est toujours sur moi, je sens son poids contre moi. Elle n'a pas bougé, encore une fois. Je comprends vite que j'ai du m'endormir après avoir versé toutes les larmes de mon corps. Je me redresse comme je peux et appose la tête d'Arun sur mes cuisses pour lui caresser les cheveux. Je patiente. Je ne vois toujours rien. Rien est un grand mot ; pourquoi vois-je..en bleu ? Ceci me fait mal à la tête, je peux enfin voir les formes qui m'entourent. Cependant, je les vois en bleu. Cela ressemble à des cristaux. Je rabaisse immédiatement mon regard sur Arun, pour voir son état ! Malheureusement, je ne vois rien. Devant moi se trouve un trou noir, pourquoi ne puis-je la voir, la contempler comme il se doit ? Fait-il jour ? Fait-il nuit ? Mon ventre se remet à gronder, me suppliant de lui trouver à manger. C'est impossible, je suis coincée, je ne vois rien et j'ai peur. Peut-être que la bête attend toujours. Je n'arrive plus à pleurer alors que je le voudrais.

Soudainement, une lueur attire mon attention. Cette lueur est forte, elle m'éblouie. Qu'est-ce ? Ce n'est pas normal. Ce n'est pas normal que je puisse voir en bleu de base, mais qu'est-ce ? Elle se tient devant moi et...rien ne se passe. Elle attend patiemment devant moi. Je la regarde car il n'y a qu'elle qui bouge dans ma vue. Elle flotte devant moi. Puis, elle prend une certaine forme. Elle grandit et elle grossit. Sa silhouette ne me laisse pas indifférente. Pourquoi ressemble-t-elle à Arun ?! La leur ne bouge pas, elle reste fixe. J'écarquille les yeux face à cette vision : je vois Arun ! Je tente de regarder le corps se trouvent sur mes cuisses mais je n'y vois rien. Serait-ce cela que l'on appelle "l'éther" ? Je sens la chaleur des rayons du soleil sur ma peau. Fait-il jour finalement ? Pourquoi vois-je toujours en bleu en ce cas ?


« Naolin, Naolin ! Tu me vois, tu me vois ! Je suis rassurée.. Que m'arrive-t-il ? Pourquoi puis-je me voir sur toi alors que je suis autre part ? »

Cette voix. C'est celle d'Arun. Celle d'Arun ! Je relève la tête et je vois encore cette lueur et cette silhouette. Arun.. Est-ce bien toi qui me parle ? Que se passe-t-il ? Que fais-tu ici alors que tu es sur moi ? Pourquoi est-ce que j'arrive à te voir ? Je me remets à sangloter, mais de joie cette fois-ci. Arun en fait de même, elle ne comprend pas non plus. Elle continue de me parler et après s'être remémorer ce qu'il s'est passé, elle s'excuse. Je tends ma main pour venir la toucher mais je la transperce. Je ne peux pas la toucher, simplement la regarder et lui parler. J'attends cinq secondes et je me dis que cela me suffit amplement. je suis soulagée de ne plus être seule et qu'elle puisse toujours être avec moi malgré la chute et l'accident. Je me sens moins abandonnée.

        Cela fait maintenant des heures que je lui parle et des heures que j'essaie de comprendre ma nouvelle vue ou ma sorte d'aveuglement. Mon ventre grogne toujours, j'ai faim. Au moins, Arun n'a plus à ressentir cela.


« Je l'ai trouvée ! Dans la crevasse ! »

FIN


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