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 Poussières d'étoiles

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Tristan Beltardois

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Messages : 29
Date d'inscription : 22/10/2016

MessageSujet: Poussières d'étoiles   Lun 31 Oct - 16:10


Chercher, chercher, chercher. Encore et toujours. Lever les yeux vers les étoiles, ressentir les mouvements de l’éther, la subtile vibration des éléments. Calculer, tracer. Se tromper, recommencer, trouver… et comprendre que ce n’était qu’une fausse piste. Une autre. La centième, la millième.
Désespérer.

Recommencer.


Plus d’une année s’est écoulée depuis que je suis mort, et pourtant j’arpente toujours ces terres. Mon cœur est vide, mon âme glacée. Ceux qui me regardent le sentent, le voient. Mes parents l’ont compris. Ma sœur me prend en pitié. Je ne veux plus voir dans leurs yeux le reflet de ce que je suis devenu, aussi vaut-il mieux que je travaille seul, à l’écart de tout – mes recherches ne souffrent d’aucun retard. On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid ; la rage et la haine brûlent pourtant toujours en moi, me dévorent, me consument.
La pression devient trop forte ; mes proches savent, redoutent. La pitié se change en gêne. Je les dérange, avec ma fureur et ma douleur. Eux veulent oublier. Se souvenir uniquement « des meilleurs moments ». Il n’y aura plus jamais de « meilleurs moments ». Ils n’ont pas vu, ni entendu, ni vécu. Ça ne les concernait pas directement. Ils ne sont pas morts ce jour-là.

Les lignes que je trace sur ma carte se coupent toutes au même point, bien au-delà de Sharlayan. Sur ces terres que l’on nomme Eorzéa, ce point, dans les neiges glacées du
Coerthas, voilà mon nouveau but. Les astres ne me mentent jamais. L’Astromancie est ma vie depuis toujours, comme pour tous les Beltardois. Lire dans les étoiles m’est aussi familier que respirer. Je comprends ce que j’y vois. Je devine ce qu’ils me cachent. Je perçois même ce qu’ils me prédisent. Elle est là. Mon doigt se pose sur ce point, cet objectif inespéré. Enfin ! Enfin, je la tiens !
Sur le visage de mes parents, la surprise masque à peine le soulagement quand je leur annonce mon désir de partir. Dans cette ville, Ishgard, les Astromanciens sharlayanais sont recherchés. Bien. Parfait. Qu’importe le travail qu’on me demandera de faire ! Je vendrai mon âme pour atteindre mon but et accomplir enfin ma vengeance.


Ce que tu m’as pris, je te le prendrai aussi. Et si tu ne possèdes rien que je puisse t'arracher, je te ferai souffrir, le plus longtemps possible. L’Astromancie ne se limite pas à lire dans les astres, à tirer quelques cartes, ni à moduler l’éther pour soigner les plaies et guérir les maux. Je suis un Beltardois, le meilleur de ma lignée, et j’ai bien appris mes leçons. Crois-moi sur parole : tu paieras pour ce que tu as fait.
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Tristan Beltardois

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MessageSujet: Re: Poussières d'étoiles   Jeu 3 Nov - 18:13


Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles


« Honnêtement, je ne vois vraiment pas ce que tu lui trouves.
– Il est tellement prétentieux !
– Et son humour… sans intérêt.
– Je l’aime bien, moi. »

Melanoise et Alicianne échangèrent un regard qui en disait long sur ce qu’elles en pensaient : Isabeline avait perdu la tête. Les yeux un peu vagues, le menton posé dans sa main, la jeune Elézenne observait l’apprenti Astromancien avec intérêt. Un léger sourire flottait sur ses lèvres. Ses deux amies éprouvèrent aussitôt la même horreur. Certes, Tristan était bel homme – il avait le port altier des habitants de Sharlayan, agrémenté de la finesse caractéristique des traits des Beltardois – et il passait pour brillant dans son domaine. Néanmoins, il était aussi un insupportable pédant, sûr de sa valeur, prompt à donner des leçons, et plaçant son travail avant tout le reste. Bref, il était détestable. Et ce que Melanoise et Alicianne voyaient, sur le visage de leur amie, n’était pas une simple affection ni même un attendrissement envers lui, mais bel et bien de l’amour. De l’amour !
Alicianne posa sa main sur le bras d’Isabeline et se pencha vers elle. Son air grave aurait dû interloquer la jeune fille, mais celle-ci ne s’en rendit même pas compte.

« Attends, tu n’es pas sérieuse, là ? Tu n’es quand même pas… amoureuse de lui ? »

Isabeline cligna des paupières, comme si elle s’éveillait d’un rêve. Étonnée, elle capta le regard effaré de son amie, puis celui de Melanoise, qui affichait en même temps un air vaguement écœuré.

« Eh bien… si. »

Alicianne renversa sa tête en arrière, Melanoise éclata de rire. Isabeline, elle, haussa les épaules en souriant et se replongea dans son observation discrète.
Tristan et elles se connaissaient depuis le jardin d’enfance. En tant qu’aîné des Beltardois, il avait vu son destin déjà tout tracé sans même avoir besoin de consulter les étoiles : il hériterait du domaine familial, un magnifique manoir au jardin luxuriant, et, bien sûr, du prestige inhérent à la fonction d’Astromancien renommé. Il n’avait pas failli à la tradition. Plongé très tôt dans l’étude des astres et son application dans la magie, Tristan s’y montrait talentueux, digne successeur de ses aïeuls. Il étudiait avec sérieux, se passionnait pour son art, se plongeait dans ses travaux, et rien ne pouvait le détourner de sa route. C’était pour cela qu’elle l’aimait. Oh ! oui, bien sûr, la modestie lui était parfaitement étrangère, mais dans un sens, ce n’était pas non plus de la vanité : il reconnaissait juste ce qu’il était, et on avait beau dire, c’était la pure vérité. Au-delà de son incapacité à se montrer humble, il possédait un talent certain et une faculté de concentration rare. Il aimait ce qu’il faisait, honorait sa famille, parlait avec franchise, veillait sur sa sœur et, pour sa part, Isabeline aimait bien son humour. Et il était vraiment beau garçon.
Non loin d’elle, Melanoise et Alicianne s’étaient lancées dans un vibrant réquisitoire contre le jeune homme. Elle ne les écoutait même pas. Cela faisait des semaines, maintenant, qu’elle avait compris ce qu’elle éprouvait réellement pour lui. Elle doutait qu’il en fût de même pour sa part – Tristan était tellement absorbé par ses études qu’il avait tendance à oublier l’existence d’autres personnes autour de lui – mais aucune autre fille ne semblait avoir capté son attention, alors…

« Qu’est-ce que tu fais ? souffla Melanoise, sidérée, lorsque Isabeline ramassa ses livres.
– Je vais l’inviter.
– Quoi ? Quoi ? Tu ne vas quand même pas faire ça ! Isa ! »

Sans écouter, Isabeline glissa ses ouvrages sous son bras et traversa le parc du collège d’un pas décidé. Tristan était du genre à avoir le nez dans les étoiles, elle-même avait les pieds bien ancrés sur terre. Elle savait ce qu’elle voulait – et ce qu’elle voulait, c’était lui. Alicianne saisit sa tête entre ses mains. Melanoise pouffa de rire : leur amie se dirigeait droit vers l’apprenti Astromancien.

« Tristan ? »

Il se tenait assis dans l’herbe, une masse de livres ouverts devant lui, et de la paperasse par-dessus. Il leva le nez de sa carte du ciel et fixa Isabeline, un peu étonné d’être interrompu au beau milieu de son travail. La jeune fille lui décocha son plus beau sourire. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, mais elle avait bien l’intention de ne pas lui laisser entrevoir la moindre peur.

« Ça va ? s’enquit-elle.
– Euh… oui. Et toi ?
– Oui ! Dis, je me demandais… Sais-tu qu’il y a une fête chez Germanoix, la semaine prochaine ?
– Oui. J’ai reçu une invitation, mais…
– Voudrais-tu y aller avec moi ?

Elle avait dit cela très vite, d’une voix un peu haut perchée, le coupant avant qu’il ne dise qu’il n’irait pas. Tristan ouvrit des yeux ronds. Isabeline ne répéta pas mais serra ses livres contre elle, attendant sa réponse, priant pour qu’il accepte. Un sourire finit par se peindre sur les lèvres minces de l’apprenti Astromancien ; Isabeline sentit un poids quitter instantanément ses épaules.

« Très volontiers. »
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Tristan Beltardois

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MessageSujet: Re: Poussières d'étoiles   Jeu 17 Nov - 15:58

Veux-tu...?


Tristan avait sa tête des mauvais jours. Celle qu’il faisait lorsqu’il n’arrivait pas à comprendre le message caché dans ses tirages, ou quand un sortilège ratait parce que l’alignement des astres n’était pas exactement tel qu’il aurait dû être. Il fronçait les sourcils et ses yeux de glace s’assombrissaient ; on pouvait presque sentir sa mauvaise humeur. Son air renfrogné ne trompait personne – encore moins Isabeline.
Ils sortaient ensemble depuis plus de trois mois, maintenant. Les choses s’étaient déroulées comme dans un rêve, aux yeux de la jeune femme : une fête extraordinaire, un baiser échangé sous une voûte de glycines odorantes, puis des jours et des jours de roucoulades que ses amies trouvaient écœurantes – et au fond très romantiques. La jeune femme savourait chaque nouvelle journée avec délectation. Elle découvrait Tristan sous un jour plus intime, plus honnête, et ce qu’elle voyait de lui la confortait dans son choix. Certes, il n’était pas aussi parfait qu’elle l’avait imaginé au premier abord : il aimait volontiers faire profiter les autres de sa culture et reconnaissait mal ses torts, répugnait à ranger derrière lui et encore plus à faire le moindre effort, et, de surcroît, il avait la rancune tenace. On pouvait même ajouter qu’il mangeait pour quatre, ce qui, au fond, avait plutôt fait plaisir à la mère d’Isabeline, ravie que le jeune homme fasse honneur aux plats servis. Mais il était bon, intelligent, intègre. N’en déplaise à Mélanoise et Alycianne, il était aussi spirituel, avec un côté pince-sans-rire qui frôlait l’insolence. Plus les jours passaient, et plus Isabeline savait qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.
Elle hésitait à s’approcher de lui, ce jour-là. Quand il faisait cette tête, mieux valait le laisser ruminer dans sa grotte. Mais il y avait cependant quelque chose de différent de ses mauvais jours habituels. Quelque chose qui lui donnait envie de pénétrer dans la grotte, en dépit des risques.  Assis dans le fauteuil, il fixait les flammes dans la cheminée d’un air sombre, son pied battant nerveusement sur le tapis. Officiellement, ils ne vivaient pas encore ensemble ; en réalité, Isabeline ne dormait plus chez elle depuis plus d’un mois et demi.

« Peut-on savoir ce qui t’arrive ce matin ? » demanda-t-elle d’une voix douce, glissant ses bras autour de ses épaules.

Tristan ne répondit pas tout de suite. L’avait-il entendue ? Sûrement. En tout cas, il avait tressailli. Durant un instant, Isabeline fut prise d’un doute affreux, comme le sont toutes les jeunes femmes vivant un amour tout neuf et qui, soudain ignorées, voient leurs rêves de félicité éternelle se briser avec un « C’est terminé entre nous ».
Ce ne furent pourtant pas ces mots-là qui franchirent les lèvres de Tristan – et jamais ils ne lui vinrent à l’esprit, de toute façon. Comme s’il s’éveillait, il tourna la tête vers elle. Isabeline esquissa un sourire qui masquait mal son inquiétude, mais l’angoisse qu’elle lut dans les yeux bleu clair du jeune homme chassa tout à coup ses craintes. D’accord, ça, ça n’était pas normal du tout. Tristan ne redoutait jamais rien. Il était tellement sûr de lui, en temps normal, qu’il ne paraissait jamais perturbé par quoi que ce soit. Ce qu’elle lisait cependant sur son visage, à ce moment, était tout à fait nouveau. Il avait peur.

« Que se passe-t-il ? »

Voilà qu’elle était de nouveau inquiète, non pour leur relation naissante, mais pour lui. Tristan la fixait – comme toujours, Isabeline se sentait mise à nue par ce regard étonnamment clair, par ces iris presque blancs qui se posaient sur elle. Finalement, il se leva, saisissant ses mains au passage pour ne pas rompre leur contact. Les siennes tremblaient un peu.

« Tristan ? »

Elle eut un hoquet de stupeur, le feu lui monta aux joues. Tout à coup, le sol parut tanguer comme le pont d’un navire, à moins que ce ne fussent les murs ou le plafond. Isabeline déglutit avec peine. Son cœur s’était mis à cogner comme un fou. Tristan s’était mis à genou, ses mains serrant toujours les siennes. Ce n’était pas du tout comme ça qu’elle l’avait imaginé, mais la surprise la clouait sur place. Un dîner romantique aurait été superflu. Les fleurs, les chocolats, la promenade au clair de lune, le bain de minuit dans les eaux glacées de la baie, rien n’aurait pu rajouter quelque chose à cet instant.

« Isa, veux-tu m’épouser ? »
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