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 [Chronique] Le Chant du Lys Blanc

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Lerith
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MessageSujet: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Dim 29 Mai - 12:46

Résurgences...

Je n'aurais jamais pensé que je pourrais avoir peur à ce point là de mes propres tares. C'lahia semblait tellement peinée lorsqu'elle a quitté ma loge, et monsieur Loki qui tentait de la rassurer. lui comme moi semblait relativiser la situation mais C'lahia était sincèrement terrifiée. Oh, j'aurais peut-être dû faire comme si j'avais peur moi aussi... ça l'aurait peut-être aidé ? ... non, non elle aurait eu encore plus peur, je ne voudrais pas la conforter si tout ceci n'est qu'un immense malentendu... surtout qu'elle est la seule à avoir entendu ces menaces... en était-ce vraiment ? C'ahia est protectrice envers C'lya, comme Calypse avec moi, et il voit aussi parfois des menaces où il n'y en a pas.
Mais enfin la nuit dernière, lui aussi a commencé à avoir peur. Je n'ai pas plus compris, en fait je crois que j'ai eu un blanc. Il a insisté pour que je vienne dormir à la pension Rigel après le départ de C'lahia, il était ferme et impartial, je n'allais pas refusé puisqu'il s'inquiète simplement pour moi. C'est là que tout a dérapé...
... Je faisais ma valise, jusque là je me souviens de tout. Dans ma tête, j'ai juste cligné des yeux, et je me suis retrouvée dehors dans la rue. Moins de dix minutes s'étaient écoulées, mais comment je me suis retrouvée là ? Quand je suis retournée dans ma loge, Calypse était là, paniqué, il me cherchait depuis cinq minutes... il a dit que je m'étais volatilisée, les fenêtres étaient toutes fermées, il n'a pas su me dire comment j'ai disparu puisqu'il n'a rien vu.
Il m'a tendu un papier, il disait qu'une menace à son encontre y était écrite. Quand j'ai regardé la lettre il n'y avait rien, ce n'était qu'un morceau de papier blanc. Nous sommes partit dans la minute.
Toute la nuit, j'ai été hantée par des rêves étranges, semblables à celui que je fais d'habitude... mais c'était différent cette fois. Dans mon rêve, je ne voyait pas par mes propres yeux mais comme si j'étais spectatrice de mes propres actes. Je me suis vue sur cet immense balcon qui n'est pas le miens, en train de parler avec un homme... j'avais l'air en colère, tellement plus mature et audacieuse que celle que je suis vraiment. Et puis je me suis mise à psalmodier quelques chose contre cet homme qui restait calme pourtant...
...Est-ce vraiment moi ? je ne sais pas si je dois en parler à quelqu'un, je commence à avoir peur de moi-même. Je veux juste rester enfermée et préparer mes chansons. Je ne veux rien savoir, je ne veux pas changer.

J'ai cette sensation de vide qui s'empare de moi chaque fois que je croise la route de ce Raw Ravast. J'ai hésité à le dire à C'lahia, mais j'ai eu peur qu'en lui parlant de mes sentiments elle ne se conforte dans sa théorie du complot. Je ne ressens pas ce qu'elle ressent, ou ce que les autres ressentent. Je ne suis pas sure du tout que cela concerne directement ce Ravast mais plutôt quelqu'un d'autre... quelqu'un que j'aurais connu, quelqu'un que j'aimais et que je détestais tout à la fois...
...Je devrais peut-être essayer de me confronter à la réalité, je dois revoir monsieur Oscar.

Je ressens comme une tourmente dans ma voix depuis ce matin, un chant que je ne peux réprimer, quelque chose de violent et de sauvage... quelque chose de dangereux...



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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Dim 29 Mai - 12:47

Ce que je suis... et ce que tu es.


"Bientôt ma chère... bientôt."

Lys se réveilla en sursaut. Il lui fallut quelques temps pour réaliser où elle était. C'est vrai ; elle dort chez Myko pour une durée indéterminée, dans l'appartement à côté de celui de Calypse et Ji à la pension Rigel. A chaque réveil, elle ne se reconnait plus ici ; en fait elle ne se reconnait plus nulle part. C'est comme si chaque fois elle s'attendait à être ailleurs, dans un lieu plus familier qu'elle ne saurait pourtant définir. Ce n'est qu'un sentiment, une sensation... c'est étrange. Petit à petit ce sentiment se dissipe, et elle se décide à se lever. Il semblerait qu'il fasse déjà clair...

C'est un courant brûlant qui se saisit d'elle lorsqu'elle ouvre la porte coulissante pour accéder au salon. Ce qui n'était que calme et sommeil à il y a encore quelques instants n'est plus que flammes et chaos. L'appartement est en flammes et un sentiment de terreur l'envahit. L'obscurité s'empare du lieu, sa vision se superpose et elle ne sait plus où elle est ; tantôt dans ce petit salon douillet ou dans cette immense salon austère. Les flammes dévorent les murs, les tissus, le piano... c'est un rêve, elle rêve encore, mais la brûlure parait si réelle. Peut-être est-ce vraiment un incendie et qu'elle a encore plongé dans un état de semi-conscience ? La terreur gagne, elle hurle et s'écroule au sol, elle étouffe dans la cendre. Des pas dans le couloir se font entendre. La porte s'ouvre à la volée, un homme apparait dans l’entrebâillement, elle le reconnait. Il la regarde avec ce qui lui semble être à la fois de l'inquiétude, un calme déconcertant, et une forme de folie dans le regarde.

"Lyssa !"

"LYS !"

La voix se mêle à celle d'un autre homme dont l'image se superpose avec celle du premier. Calypse est entré dans la chambre et se précipite vers elle. Il ne semble pas voir les flammes et pourtant elle tousse entre ses bras. Lorsqu'elle lève le regard vers lui, elle continue de voir son image se superposer avec celle de l'autre. Leurs deux voix résonnent en écho dans sa tête.

"ça ne peut plus durer."

"ça ne peut plus durer."

Petit à petit, la réalité reprend le dessus et elle peut respirer. L'appartement de Myko n'a rien, tout va bien, tout sauf elle. Forcée de se raccrocher à son seul repère, elle essaye en vain de comprendre ce qui lui arrive. Après la chaleur, elle ressent le froid et le vide, et une étreinte qui n'est pas celle de Calypse.

"Je t'emmène avec moi."

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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Dim 29 Mai - 12:48


L'Entre-deux


Je ne me souviens plus très bien de ce qui a provoqué mon réveil. Était-ce cette chaleur inhabituelle, même à l'intérieur, dans une région si froide ? Était-ce ce doux parfum que je connaissais ? Ou alors était-ce ces images et ces sensations qui revenaient à mon esprit ? J'avais, une fois encore, eu un de ces trous noir; je ne me souvenais plus de rien après avoir commencé à monter les marches pour retourner aux contreforts en sortant du Conservatoire. Je me retrouvais là, sous cette montagne de couvertures bien au chaud dans ma chambre, et un rayon de lune à travers les carreaux de la fenêtre indiquait que la nuit était tombée depuis longtemps ; deux, peut être trois heures.
Le plus étrange, c'est que d'habitude quand je redeviens moi-même, je suis bien réveillée, le plus souvent debout devant ma porte ou assise sur un banc. Cette fois, je m'éveillais comme après une nuit alcoolisée, du moins c'est ainsi que je m'imagine ce que vivent ceux qui boivent de l'alcool sans modération. J'avais l'impression de me souvenir de certaines choses, des images dont une personne bien élevée ne parle pas, une chaleur immense, le reflet d'un feu dans la cheminée et un parfum épicé enivrant. Lorsque j'ouvrais les yeux et regardais autour de moi, je voyais les cendres dans la cheminée et je sentais encore ce parfum dans les draps. Je baissais les yeux afin de juger de mon propre état, je n'avais ni traces ni blessures, seulement quelques frissons qui me parcourent le corps sitôt que j'en frôle certaines parties comme mes épaules, mon cou ou mes hanches. Je ressens toutes ces choses, je revois ces images...

"Bonjour."

Je sursautais, je n'avais pas remarqué que la porte de la salle de bain était ouverte. Je restais de dos, je ne voulais pas me retourner. Quelle bêtise avais-je faite ? Que dirait Calypse ? Comment dire à la personne que j'avais fait entrer ici que je ne me souvenais de rien ?
Je restais dos à la porte, comme pétrifiée. C'est alors que, n'entendant aucune réponse, je l'entendis s'approcher. Il fallait que je réagisse. Je remontais sur moi la couverture et j'allais faire face quand je sentis le matelas s'affaisser et deux bras m'entourer. En tournant la tête je me retrouvais les yeux face à une cicatrice longue et fine dessinée sur un cou dénudé. je levais le menton, complètement perdue, pour en regarder le propriétaire qui semblait à la fois détendu et inquiet de mon manque de réaction.

"J'ai... voulu oublier ça aussi ?"

Il m'a regardé, comme s'il ne comprenait pas. Puis il a sourit et m'a embrassé comme si de rien était ; on aurait dit qu'il s'en fichait. Puis il a murmuré, très calme : "il semblerait". Comment cela peut-il ne pas l'affecter que je n'ai de cesse de manifester une volonté de tout oublier de ce qui le concerne ? Si, comme il le dit, je voulais le protéger et que nous avons une liaison depuis trois ans... pourquoi chercherais-je à oublier ? Il fallait bien que j'ose poser la question.

"Qu'est ce qui m'est arrivé ?
- Je suis venu vous voir, vous étiez différente... la situation est rapidement passée au niveau supérieur.
J'étais stupéfaite, je lui en voulait. Comment pouvait-il être si calme alors que je me retrouvais là à envisager l'idée d'avoir passé la nuit dans les bras d'un homme que je n'aime pas. Peu m'importe que je l'ai aimé, comment vivre une vie dont je n'ai aucun souvenir ?
- ... comment avez-vous pu faire ça ?
- Comment suis-je censé agir selon vous ? Votre regard me rend fou."

N'a t-il donc aucune volonté ? ... En ai-je seulement une moi-même ? Je ne parvienais même pas à lui répondre. Je le sentais perdre pied à nouveau, je me sentais céder. Qu'est ce que j'ai dans la tête ?! Mon corps a réagi tout seul, mon cœur s’accélérait, ma tête me hurlait de me reprendre, mon instinct me poussa à reculer. Je voiyais son regard de prédateur, frustré d'être ainsi rejeté. Il se contint. Les mots me vinrent avant que je puisse réaliser que je n'en comprenais pas le sens ni la finalité :

"Ne me regarde pas comme si j'étais tienne.
- Si tu savais comme tu m'as manqué..."

Il a sourit, il avait l'air d'avoir ce qu'il veut. J'ai d'abord cru qu'il reculait, mais il m'a fait basculer sur les draps. Le feu dans la cheminée s'est rallumé d'un coup, me faisant sursauter. J'ai senti sa main sur mon ventre, là où le lys blanc était tatoué.

"Un jour, tu finiras pas accepter..."

Je l'entendis murmurer quelque chose tout près de son oreille. Une vague de froid me submergea alors qu'une seconde plus tôt la chaleur des flammes m'étouffait presque autant que le poids de son corps. Tout est revenu. J'ai conscience que d'ici quelques heures, j'aurais oublié tout ce que je viens de faire, je ne me souviendrais de rien hormis d'avoir la sensation qu'il y avait quelqu'un dans ma chambre. Ma technique n'est pas au point, tant que je ne suis pas capable de taire mes sentiments pour lui il aura toujours le dessus.
Il est trop fort pour moi. Ceux dont la volonté n'a pas de limite peuvent venir à bout de Banshee... je ne peux croire qu'il n'ai pas sa limite. Un homme aussi cruel ne peut s'acharner à ce point, il finira par abandonner. Je ne veux pas l'aimer...

"Tu me rends dingue..."


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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Dim 29 Mai - 12:49



Ces Étoiles

Je connais cette musique, je connais ces étoiles, je connais cet endroit et je connais cette personne. Mon esprit s'émerveille quand mon cœur m'effraie. Puis c'est mon cœur qui s'affole alors que mon esprit me recommande la méfiance. L'aeronef glisse sur le bleu du ciel dans un silence qui n'est que fictif. mais le bruit du vent et le craquement des cordes semble se fondre dans l'ambiance, si bien que l'on n'entend plus la mécanique. Je n'en avais jamais vu d'aussi gros, même si je sais que les Forges de Garlond en sont capable, et que les Garlemaldais en construisent des plus grand encore.

Je reste là, sur la passerelle baignée par les étoiles à les regarder danser... je revois des lumières dansante, je vois des lucioles et et les rayons de lune. Mes yeux se ferment, et s'ouvrent encore, je suis tiraillée entre ces sensations que je connais et la beauté de ce spectacle. Je connais cette musique...

...Mes pieds bougent tout seul.

Je suis là, a cent, trois cent pieds au dessus du sol, et je danse, je fredonne comme une enfant.

Je n'ai pas peur... je connais cet endroit, je connais cette musique...

Je sens une main qui prend la mienne. Je sursaute, ce n'est pas seulement mes bribes de souvenirs qui reviennent.

Il me regarde, son bras entoure ma taille, je les vois maintenant, les lucioles qui remontent de la Sylve. Je connais cet endroit, je connais cette musique, je connais cette personne. Je revois ces lumières, ces fleurs et cette valse au clair de lune.

"Est-ce que tu te souviens à présent ?"

Je me souviens, je me souviens combien je l'ai aimé. Je me souviens combien j'ai pu le croire, le suivre... le haïr aussi, le mépriser. Comment peut-on ressentir toutes ces choses pour un seul être ? Je ne suis sure que d'une chose : c'est qu'il me protège, et qu'il me protègera toujours. Est-ce que je dois en être heureuse, inquiète ou furieuse ? ça je n'en sais rien... mais je sais qu'il ne m'est pas ennemi.
Alors moi, qu'est ce que je suis ?

"Tu devrais arrêter de trop réfléchir, au moins pour l'instant."

Facile à dire pour lui. Plus je replonge dans ce passé qu'il me dévoile, plus j'en viens à me demander pourquoi je l'ai fui. Si tout y était si doux, aussi parfait que cet instant, pourquoi l'ai-je quitté ? Pourquoi l'ai-je quitté lui ? Cela, il n'en parle pas. Je veux juste que le temps s'arrête, je veux rester dans les airs sous les étoiles, je veux me souvenir de ce moment, je le désire si fort...

"Je veux me souvenir... pourquoi je veux me souvenir ?
Il me serre fort contre lui, les lucioles brillent plus fort que les étoiles. Je n'entends plus rien à part sa voix.
- Parce que c'est ici que c'est arrivé."

Pourquoi ai-je si peur tout d'un coup ?

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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Dim 29 Mai - 12:50



Une vie, mais à quel prix ?
Je me suis encore réveillée avec ce sentiment d'avoir retrouvé quelque chose, tout en ne voulant pas être ici. J'avais chaud, mais je savais pourquoi. Je sentais ses bras autour de moi, et les miens autour de lui. Je me suis redressée sur le bord du lit, et je me suis frottée les yeux comme chaque matin. Je mets toujours un moment avant de sortir des couvertures, il fait froid à Ishgard malgré le feu dans la cheminée. Le matin, il n'y a plus que des braises pour chauffer.
Chaque nuit le même scénario, chaque nuit la même chose, et toujours ces insomnies...

"Tu n'arrives pas à dormir ?"
Je me suis tournée, il s'était réveillé et me regardait avec ce même sourire mais aussi un brin d'inquiétude. Je sais qu'il se fait du souci pour moi malgré tout.
- Je repense à ce que tu as fait.
- Ce qu'il a fait tu veux dire.
- Tu sais très bien de quoi je parle... il est mort, Raw.
- Oui, il est mort.

Je me levais, agacée. Je n'eus pas le temps de poser un pieds sur le sol froid, je sentais son bras entourer ma taille et me ramener sur les draps. Le menton posé sur mon épaule, il soupira doucement.

"Il a fait ce qu'il a cru bon de faire.
- ...J'ai besoin d'être seule.
- Tu dis toujours ça."

Il m'a laissé me sauver dans la salle de bain, et je suis entrée dans la baignoire avant même qu'elle ne soit remplie. Je ressasse tout ça depuis des jours, depuis que ma mémoire est revenue. Je pense à Calypse et à tout ce qu'il a fait et fait encore pour me protéger. J'ai trop à perdre si je devais tout dire... et lui aussi si il s'en mêle. Je crois que j'ai peur qu'ils découvrent la vérité, Lys ne doit pas disparaître, elle doit vivre, JE veux vivre...

"Lys, cesse de te tourmenter."

Il n'était pas rentré dans la salle de bain, mais je l'entendais derrière la porte. Il était calme, doux comme à son habitude.

"Il compte pour moi.
- Je sais. Je t'avais dit que c'était une mauvaise idée, tu es tellement bornée...
- Qu'est ce que tu aurais fait à ma place ?
- Moi, je n'aurais pas cherché à tout oublier. Tu savais que je ne te laisserai jamais me quitter jolie perle."

Je soupirais, et je commençais à fredonner. Je repensais à toute ce qui était arrivé, et tout ce que j'avais vécu durant ces mois où je n'avait plus été personne, où j'avais gouté à la vie dont je rêvais. Aujourd'hui j'ai retrouvé ma vie d'avant, ou presque. Lys continue de vivre, et je veux pouvoir concilier les deux, réparer. Est-ce que je redoute la suite ? Un peu. Pas pour moi, je sais que moi je suis en sécurité. Mais j'ai peur pour Calypse. Il ne renoncera pas, il n'abandonnera pas, il voudra savoir... et il y aura encore d'autres morts. Je sais que je ne fais preuve d'aucune sensibilité vis-à-vis de ce malheureux pendu... mais depuis j'ai appris à m'attacher. Je ne regrette rien... mais eux pourraient regretter de m'avoir rencontrée.
J'entends finalement la porte s'ouvrir, alors que je suis sortie de l'eau pour enfiler mon peignoir. Il pose sur serviette sur mes cheveux. Il fait chaud. Il me serre dans ses bras, il a presque l'air triste et pensif. Je sais très bien à quoi il pense.

" Je t'avais prévenu... toi et moi on ne peut pas vivre normalement, au risque de voir disparaître ceux que nous aimons."

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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Dim 29 Mai - 12:51

Ce qui arrive tôt ou tard...

J'ai assisté à un mariage hier, un double mariage à vrai dire. Je suis restée songeuse face au sanctuaire, et à ces gens qui échangent leurs vœux avec des sentiments qu'ils ne sont pourtant pas supposés connaître dans leur culture. Je me suis sentie perdue, à les voir afficher ouvertement une émotion que je ne sais pas nommer.
Je me rends compte avec les semaines, au fil des mois, que mes chants, bien qu'ils naissent de mon cœur et de mon âme, ne pourront jamais soigner au delà de l'apaisement, car mon cœur lui-même se refuse à s'ouvrir. J'aurais beau chanter encore et encore, je pourrais sans doute devenir une grande cantatrice, mais je ne pourrais jamais offrir rien d'autre que du rêve et de fugaces espoirs. Raw a raison dans le fond, je suis une illusionniste, pas une guérisseuse. Il y a simplement des illusions qui font du bien.

Je sais que viendra le jour où j'entrerai moi aussi dans ce sanctuaire, et j'en ressortirai mariée par la grâce des Douze. Est-ce une si mauvaise chose que je ne me sente pas aussi enthousiaste que cette demoiselle miqo'te ? Une partie de moi redoute cet instant, alors que je sais très bien que mon être tout entier est voué à Raw Ravast.
Je me sens étrangère à ces choses là, à ces gens qui irradient de joie de vivre et agissent de façon tellement spontanée. Je ne parviens pas à prendre quoi que ce soit à la légère. J'aurais dû être comme eux hier, sourire et ne penser à rien d'autre qu'à leur bonheur évident. Et pourtant... je me suis prise à penser à ce jour qui approche, ce jour où je deviendrais son épouse, où toute autre alternative prendra fin. Les dernières traces de Banshee seront scellées à jamais, détruites... le pacte sera conclu par sa descendance ainsi qu'il le désire. Je crois que je crains que ce ne soit pas fini pour autant. Je sens qu'il le désire encore, il veut savoir où il se trouve... et une fois mariée j'ignore si je pourrais garder le silence.

Je n'ai plus beaucoup d'options maintenant... Je vais devoir le cacher, en espérant que son gardien ne tombe pas sous son influence, ou le détruire en priant pour que cela n'éveille pas quelque chose de pire.
Mais pour accomplir l'un ou l'autre, je ne vois personne qui soit capable de le supporter.
Calypse a renoncé, il n'est plus paladin. Il ne peut plus le sauver. Ni me sauver moi...

Il faut que je chante, encore, pour couvrir son aura. Personne ne doit le trouver.

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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Dim 29 Mai - 12:52



Le plan


Dire que je commençais à m'habituer à tout ça, mais les meilleures choses ont une fin. A nouveau, je ne me sens plus en sécurité, pas plus auprès de lui qu'ailleurs. J'ai peur, je suis faible et inutile. Je passe mon temps à utiliser mes pouvoirs pour rendre plus fort les personnes qui m'entourent... mais cela ne faisait que me réconforter, persuadée qu'ils me protègeraient.

Lui, je vois bien qu'il se démène pour nourrir l'image que les gens ont de lui. Il est bien plus fort qu'avant, ne serait ce que moralement. C'est facile de se faire aimer des autres, mais se faire détester ou railler, ce n'est pas la même chose. Je suppose que cela l'amuse un peu, il faut bien qu'il y trouve des avantages, mais je sais très bien pourquoi il le fait. Il en fait trop.
J'ai bien vu devant les officiers d’Espérance comment il parvient à leur dire la vérité tout en faisant passer ses mots pour des mensonges. Devant Calypse il semble moins calculateur, pour me faire plaisir surement... sinon il n'hésite pas à donner aux gens ce qu'ils attendent pour le rejeter. Il le fait pour moi, c'est embarassant.
"Ne dis rien, ne me défends pas, n'essaye pas de leur expliquer tu ne fais que me gêner", c'est tout ce qu'il trouve à me dire. J'ai très bien compris le jeu qu'il joue désormais.

C'est de "leur" faute. Ils ne cessent de le harceler, de l'entraver, il doit les agacer à leur tour. Personne ne doit être en mesure de laisser entrevoir la moindre bribe d'information à son sujet qui le ferait passer pour autre chose qu'un roquet bavard et hautain. Le meilleur moyen est encore de le devenir.
Je ne pense pas qu'ils vont croire à cette mascarade mais cela risque de les agacer suffisamment pour les conduire à la faute. Ils vont forcément se trahir et se montrer un peu plus sous leur vrai jour à trop vouloir connaître son plan.

Cesse d'y penser Lys. Contente-toi de fermer les yeux et de sourire. laisse parler, laisse penser, laisse croire, laisse couler, laisse vivre. Laisse-le faire... et deviens plus forte. J'entrevois une faille, ce sera bientôt le moment. Personne ne l'aura, peu importe le prix à payer.
Il est temps d'arrêter d'être inutile et terrorisée.

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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Dim 29 Mai - 12:53



Tout ce que je demande...


J'accepte. J'accepte de tout sacrifier, j'accepte de ne plus être qu'une image et de regarder la vie de loin comme une gargouille au sommet d'une cathédrale. Je chanterai, comme j'ai toujours chanté, pour rester libre et proche des êtres qui me sont chers, sans chercher à les garder près de moi. J'accepte tout, mais je voudrais te demander une chose, une seule...
Laisses-moi le regarder sourire, laisses-moi le regarder vivre, laisses-moi voir au travers de ses yeux ce à quoi je renonce. Je ne te demande rien d'autre.

Tu penses que avoir des attaches peut-être une faute dont nous ne payons pas le prix la plupart du temps ; c sont eux qui le payent à notre place sitôt que nous avons dévié. Pourtant, je souhaite garder Calypse devant moi jusqu'à la fin. Il a choisi son sort, il a choisi sa voie, je choisis d'être là jusqu'au bout.
Tu dis que je vais souffrir, oui je souffrirai à sa mort, mais moins que si je l'abandonnais, et que je le laissais mourir seul. Je ne serais pas de ceux qui veulent l'arrêter et lui répéter que sa vie mérite d'être longue et heureuse, il ne sera pas heureux ainsi et je crois que peu le comprennent, encore moins acceptent. Moi je l'accepte, j'accepte tout. J'accepte son choix, acceptes le miens.
Tu voudrais que je renonce à tout et que je n'ai plus que toi, mais tu sais ce qui es arrivé quand j'ai été coupée du monde. Pour être ce que tu attends de moi, je dois avoir sous les yeux ce qui m'est interdit, pour me souvenir de l'importance de mon choix.
Tu sais te faire detester, parce que tu maintiens la distance. Tu protège au prix de bien des choses, tu sais comment faire appliquer la doctrine "qui que l'on soit, on ne nous juge que sur nos actes". Je n'ai pas ta force de devenir le genre de personne que tu es, même si je sais pourquoi tu le fais. Certains ont pourtant été au-delà de tout ça, comme Desmee. Toi aussi, tu as tissé des liens, même si tu garde le contrôle quoi qu'il arrive.

Tout ce que je te demande, c'est de me laisser ce lien avec les personnes que j'ai rencontré pendant mon amnésie. Ne cherche pas à me couper du monde comme tu l'as déjà fait. Laisse-moi regarder la vie qui passe et le sourire de ceux qui m'entourent. Laisse-moi voir au travers de leurs yeux ce que je n'aurais jamais.
Et je te promets que je ne te demanderai rien d'autre. Je suis prête à t'appartenir.


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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Ven 3 Juin - 11:37



Arsenal en dentelle


Lys longeait la table de long en large, examinant chaque pièce se trouvant dessus. Aka la suivait sans broncher, à bonne distance. Elle s'arrêta devant quatre petites lames de la taille d'un pouce, correctement alignées sur un carré de velours.

"Combien de temps cela lui a t-il pris ?
- Il n'a pas quitté son atelier depuis plus d'une semaine, madame."


C'est vrai que Raw avait peu montré son visage ces derniers temps, toujours plongé dans ses affaires. Même elle, le voyait peu. Rares étaient leurs repas communs. Il n'y avait guère plus que les quelques nuits où il entrait dans ses appartements, tard, pour la rejoindre.
Songeuse, Lys se saisit d'un corset posé devant elle.

"Est-il à ma taille ?
- Oui madame, il l'a fait ajuster trois fois. Les baleines sont en alliage et cuir renforcé, le plus souple et le plus fin possible pour votre confort. Il n'arrêtera pas une lance ou une balle, mais les petites lames pourraient être surprises."


Elle hoche la tête à nouveau, et prend un brassard posé juste à côté pour l'essayer. Aka poursuivait sa description en même temps qu'elle touchait aux effets présentés.

"Celui-ci est purement défensif, ornés de motifs uldiens pour passer aisément pour un simple bijou mais il protègera votre poignet. Il y en a deux, avec une encoche pour fixer vos éventails. Sous le brassard gauche, vous trouverez une aiguille.
- Neutre ?
- Pour l'instant. Monsieur tient à vous laisser choisir ce que vous voudrez imprégner, si vous le désirez.
- Et ceci ?"

Elle se saisit d'un écrin ouvert, observant les pendant d'oreille en cristal, translucide.
- Du verre madame, le vitriol à l'intérieur donne l'impression qu'il s'agit de pierres précieuses.
- Est-ce solide ? Une mauvaise chute pourrait me brûler le visage.
- Nous les avons testés, à moins que vous premier un coup violent dedans elles ne se briseront pas. Vos oreilles ne seront pas les premiers points visés. La Grue Rouge portait les mêmes.
- Bien. Je lui fais confiance... je crois.


Elle continua d'observer. Trousse de scalpels, poudrier rempli de racine de Pied du Diable, collier réfléchisseur de lumière, que du matériel classique. Son regard fut néanmoins attiré par un éventail, un peu plus grand que les siens.

"Et celui-là ?
-Essayez-le."


Aka sourit en coin. Lys était bien curieuse de tout cet arsenal qui disparaissait si bien sous ses longues robes uldiennes. Elle saisit l'éventail, et en l'ouvrant d'un geste vif du poignet, elle retint un cri de surprise, voyant les lames d'acier faire un tour complet devant ses phalanges, tel un boucler circulaire tranchant.

"Moins solide qu'un vrai, mas le bon mouvement peut bloquer une lame et désarmer l'assaillant. Monsieur travaille encore sur le moyen de le rendre plus discret. Un tel alliage attirerait l’attention. Sur ce, madame, je vous laisse vous changer."

Dehors, personne ne ferait la différence. Lys Calheb marchait dans les rues toujours bien vêtue, dans son arsenal de dentelle invisible, sans laisser paraître que le moindre jupon, la moindre bague, la moindre épingle à cheveux, pouvait dissimuler une arme.
Le talent des femmes Calheb, les dames aux fleurs si douces et si patiente. La patience est vertu, et la vertu se protège. Lys n'était pas une vraie guerrière, mais elle n'avait jamais été sans défense. Raw la voulait forte, il était ingénieux et créatif, elle était sa muse. Petit à petit, un pas après l'autre, elle renonçait à sa vie de gentille jeune fille.

Mais sa voix, et sa musique, jamais elle n'y renoncera.

 

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MessageSujet: Re: [Chronique] Le Chant du Lys Blanc   Mar 21 Juin - 9:58



Le Contrat


Détruire, les uldiens ne savent-ils donc que s'entretuer pour avoir toujours plus ? Je suis bien mal placée pour parler. Je suis née dans ce milieu, j'y ai grandi même enfermée entre quatre murs, et même si j'en suis sortie c'est parce que celui qui a détruit leur existence est encore bien pire. Je pensais que nous en avions fini avec Uldah. Les traces des Calheb ont à présent disparu et ces lys qui mon père chérissaient tant ne sont plus transportés au Thanalan que par des intermédiaires. Mon sang, ma fortune, les crimes des Calheb, tout cela devait appartenir au passé... mais voilà que le passé me rattrape.

Azel Boisseau, je n'avait pas vu cet enfant depuis le mariage de Tassarah. Il semblerait qu'il soit à son tour touché par le chantage du Cartel des Scorpions. Mariage arrangé avec les Santigny, sachant que la fiancée à vingt ans de plus que lui et que cette mégère le fera assassiner à la première occasion. Déjà à l'époque, mon père trouvait le père Boisseau trop faible et trop lâche pour affronter ses ennemis. C'est ce qu'il a dit juste avant de me vendre au sien... l'hypocrisie va de paire avec ces choses là.
Je me vois mal laisser ce garçon dans ses problèmes, mais j'ai été surprise par sa détermination. En tant qu'héritier il ne peut rien faire lui-même, mais son objectif est clair, il veut que ses rivaux disparaissent peu importe comment. Il a déjà la fibre du cartel à ce que je vois. Un contrat à l'uldienne, comme jadis. Il est venu chercher la dernière des Calheb... mais surtout celui qui les a détruit sans se salir les mains. Ce garçon a plus de jugeote que beaucoup, il savait d'entrée de jeu où chercher. 

Détruire une autre famille. Je savais qu'il n'en était pas à son premier coup d'essai quand il a peu à peu disséminé les Calheb aux quatre vents avant de s'emparer de leurs bien, et aussi de moi, mais je ne l'aurais pas pensé si prompt à recommencer. Les Boisseau ont de bonnes oreilles à ce que l'on dit, de bonnes lames aussi, mais c'est surtout leur proximité avec les trafiquants de somnus et les milieux occultistes clandestins qui peuvent nous faire mettre un premier pas dans le terrier du spriggan... Raw n'hésite jamais à salir sa douce fourrure blanche quand il s'agit de nettoyer. Même ceux qui trempent dans ses affaires seraient capable de penser qu'il a un but noble sous couvert de faux complots... que c'est pardonnable... que c'est de la poudre aux yeux.
De la double illusion. Je l'ai vu sourire, je sais très bien ce qu'il ne cache qu'à moitié mais que personne ne regarde jamais. Je te connais, Raw Ravast, il plaide à la fois le bien et le mal et tandis que tous se questionnent pour savoir de quel côté il penche, ils ne voient pas ce que Raw Ravast cherche vraiment.

Penses-tu sincèrement que j'aurais été assez idiote pour laisser des traces dans les sectes des quartiers pauvres uldiens ? Crois-tu que c'est là que je l'ai cachée ? Je sais qui tu es Raw Ravast, tu as peut-être décidé de faire le bien en réhabilitant ton héritage et en le partageant avec d'autres pour rendre le monde un peu moins sale... mais tu n'hésiteras pas à t'en servir pour prendre tout ce que tu désires à côté.
Tu me soupçonne, tu te méfies, tu envoie tes hommes chercher ; mais non tu ne l'auras pas.

Pour l'heure, occupons-nous des Santigny.
 

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